Voyez plus bas, p
du possible, de réparer celle perle. Tâche difficile, où Spengel a déployé les ressources d'un savoir 1res vasle, très iuvenlif el 1res sur. Bien rares sont les Iravaux d'érudilion qui, comme le sien, cardent encore, soixanle-dix ans après leur publication, toute leur valeur.
On nue demandera sans doute pourquoi, dans ces conditions, j'entreprends de le refaire. En réalité, il ne s'ajs^-it pas de le refaire, mais de le compléter et de l'enrichir. Les seules sources ovi Spen','-el ail puisé sont : i" les reliifuiae des rhéteurs antérieurs à Aristote ; 2" les témoignages anciens relatifs à ces rhéteurs. Ce sont, sans contredit, les plus sures; mais en revanche combien ce qu'on en peut tirer est misérable. En faul-il d'autre preuve que la sécheresse même et les lacunes de l'exposé de Spengel? La nouveauté de mon livre résidera surtout dans l'emploi continu et systématique de deux autres groupes de documents, savoir : la collection des plaidoyers attiques, et toute la série des traités de rhétorique postérieurs à Aristote.
Parlons d'abord du premier groupe.
La plupart des logographes athéniens, entre autres Antiphon, Lysias, Isocrate, Isée (et probablement aussi Démosthène) ont été en même temps maîtres de rhétorique. C'est là une rencontre qui n'est pas sans conséquence i)our l'objet de notre étude. Il suit de là, en effet, que chez ces écrivains pratique el théorie étaient étroitement liées : ce sont, si je puis dire, les deux faces d'un môme tissu. L'endroit, ce sont les plaidoyers des
log-ographes; Venvers, les règles théoriques qu'ils enseignaient. Restituer celles-ci à l'aide de ceuxlà est une opération légitime : d'autant plus légitime que nous ne ferons ainsi que l'inverse, et, en quelque sorte, la contre-épreuve de ce que faisaient eux-mêmes les rhéteurs logographes, lorsqu'ils lisaient dans l'école, à titre de démonstration concrète et de justification de leurs théories, les plaidoyers qu'ils avaient composés pour des causes réelles', .l'ai donc usé de cette méthode très largement ; elle m'a permis, en particulier, de reconstruire à grands traits la rhétorique de Gorgias, celle d'Antiphon, celle d'isocrate.
L'étude des traités postclassiques ne m'a pas été moins utile. Nul doute, en effet, que tout l'essentiel de la rhétorique des cinquième et quatrième siècles avant Jésus-Christ ne s'y soit transmis. Nous avons sur plusieurs points particuliers la preuve frappante de celte fidélité de tradition. J'en citerai deux exemples. Les rhéteurs de Rome et de Ryzance enseignent unanimement que la fonction de l'exorde est triple : rendre l'auditeur docile, ^attentif et bienveillant. Ne serait-on pas tenté de croire, au premier abord, que c'est là une formule toute récente et de leur invention? Or Aristote la critique déjà^ De même pour la narration : vous lirez chez les mêmes rhéteurs que cette partie du discours exige trois qualités essentielles : brièveté, clarté et persuasion. Or Quinti-