‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 31 sur 224 · Platon, Hippias major, 286 A · texte numérisé non relu

Platon, Hippias major, 286 A

de l'homme, par exemple, c'est d'être capable de gouverner l'Etat, et, ce faisant, d'obliger ses amis et de nuire à ses ennemis. Celle de la femme, c'est d'administrer la maison, de veiller au dedans et d'obéir à son mari. Autre est la vertu de l'enfant, autre celle de la femme, de l'homme, du vieillard, de la personne libre, de l'esclave'.

Avec quelle ardeur la jeunesse athénienne écoutait ces lectures, quel trouble et quelle excitation féconde elles portaient dans ces intelligences si curieuses et encore neuves, c'est ce dont témoigne, par exemple, l'introduction du Phèdre de,J:'iaton. Socrate, rencontrant aux portes de la ville le jeune Phèdre tout plongé dans la méditation, l'interroge : D'où vient-il? Où va-t-il l' Phèdre répond qu'il sort de chez Epicratès, où il a passé la matinée entière en compagnie de Lysias, qui leur a lu un discours sur l'Amour. Et voilà que sur-le-champ Socrate reconstitue d'imagination la scène dans tous ses détails. Ne connaît-on pas la passion de son jeune ami pour les beaux discours? Donc Phèdre ne s'est pas contenté d'une seule lecture; il a plus d'une fois prié Lysias de recommencer. Et cela même n'a pas dû lui suffire, il a fini sans doute par s'emparer du manuscrit, et, l'ayant lu et relu toute la matinée jusqu'à ce qu'il le sût par cœur, il ne sortait de la ville que pour y rêver encore. Le jeune homme est bien obligé d'avouer que tout s'est passé ainsi\ Dans cet enthousiasme de Phèdre il ne faut

1. Platon a mis ces idées ilans la bouclio du Tliossalien Ménon {Ménon, 71 E). Mais il rùsulto des déclarations précédentes, tant de Ménon lui-même que de Socrate, que c"est un résumé de la doc. tritie de Gor^ias. Kt c'est, du reste, ce queconfirnu' un passaj;» de la Pulilique d'Aristote, 1, 13, 12(50 a, 27. Voir /ellcr. Philosophie des Grecs, II. p. 518, n. l.trad. Roulronx.

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