Platon, Phèdre, début
Dans cette introduction did' Phèd/e il v a encore un
pas voir un cas isolé; c'était l'état d'esprit de toute cette jeunesse qui se pressait aux leçons des sophistes, entre autres de ce Simmias, dont Socrate dans le même dialogue vante avec une affectueuse ironie l'ardeur à provoquer les discours', d'Hippocratès', de Théagès^ et de leurs pareils
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autre trait instructif qui mérite d'être relevé, ^crate déclarant qu'il brûle d'entendre à son tour le beau discours de Lysias, l'adolescent répond qu'il n'en saurait reproduire le texte littéral, mais que du moins il s'efforcera d'en retracer la pensée générale et les points principaux. Malheureusement Socrate a aperçu le manuscrit que le jeune homme cachait sous son manteau : « Je t'aime beaucoup, n'en doute pas, mais je ne suis pas d'humeur à te servir de sujet à exercice. — Suffit, répondit Phèdre un peu confus; tu as déjoué le projet que j'avais de m'exercer sur toi*. » L'exercice dont il s'agit eût consisté, comme on voit, à refaire le discours de Lysias, en s'aidant de son plan et de ses idées, mais librement et de mémoire. N'v a-t-il pas lieu de croire que Platon fait allusion ici à un usage réel, à quelque pratique usitée dans les écoles des sophistes? Du moins on peut supposer que dans les réunions privées les jeunes gens s'essayaient entre eux spontanément à ce travail de reconstruction. C'est une méthode fort efficace, du reste, et qui n'a pas disparu de la pédagogie de nos jours.