Platon, Phèdre, 228 D
I 2. — Les séances d'improvisation.
Le premier sophiste qui mit à la mode les séances d'improvisation paraît avoir été Protagoras. « J'ai entendu, dit Socrate, dans le dialogue qui porte le nom de ce sophiste, que tu es en état, lorsque tu le veux, de parler si longtemps sur la même matière que le discours ne tarit pas, et d'enseigner à tout autre à parler de même'. » Gorgias, lui aussi, se targuait volontiers de cette virtuosité. Non seulement il se faisait fort de parler avec abondance ou brièveté sur tout sujet, mais il promettait encore de satisfaire au pied levé à toute question. « J'ajoute môme, lui fait dire Platon, que depuis bien des années personne ne m'a proposé une question qui me fût nouvelle". » Même outrecuidance chez ceux des disciples de Gorgias que Platon a mis en scène. Polos d'Agrigente et le Thessalien Ménon^. Mais l'improvisateur par excellence, c'est Hippias : « Moi, déclare-t-il avec emphase, qui me rends toujours d'Elis, ma patrie, à Olympie au milieu de l'assemblée générale des Grecs, lorsqu'on y célèbre les jeux, et qui m'offre devant le temple à porter la parole sur tout sujet qu'on voudra, entre ceux sur lesquels je me suis préparé à faire montre de mon savoir, ou bien à répondre à ce qu'il plaira à chacun de me proposera » Et comme Socrate complimente ironiquement Hippias de sa belle confiance en lui-même, le vaniteux personnage réplique : « Si j'ai bonne opinion de moi, ce n'est pas sans fondement, Socrate; car depuis que j'ai commencé à concourir aux jeux olympi-