T'iaton, Hippias Minor, 'àGfi C
ques, je n'ai point rencontré encore d'adversaire qui ait eu sur moi l'avantage'. » Aussi bien Platon a-t-il pris plusieurs fois un malicieux plaisir à nous montrer Hippias dans ce rôle d'improvisateur. Dans le Protagoras on le voit dominant du haut d'un trône ses élèves, assis sur de simples escabeaux : ceux-ci proposent des questions de physique et d'astronomie, et lui tranche à l'instant toutes leurs difficultés^ Dans VHippias Major il a un rôle moins brillant : acculé par la dialectique pressante de Socrate, il réclame piteusement un instant de répit pour improviser une réponse^.
Chez certains des sophistes, cette « copia rerum et verborum » a pu être surtout un don naturel, fortifié par l'exercice. Mais ils se vantaient de la communiquer aux autres, prétention qui semble supposer un art, une méthode. En réalité, c'était pur charlatanisme Nquelques recettes grossièrement empiriques, efune collection de lieux communs appris par cœur, voilà tout leur secret. A propos des premières, citons un curieux passage de la Rhétorique à Alexandre, où l'auteur traite de ce qu'il appelle la macrologie : « Quand on veut allonger son discours, il faut multiplier les divisions dans son sujet, et pour chaque division énoncer les parties dont elle se compose, détailler la nature de chaque partie, son utilité publique où privée, ses causes. Si l'on veut donner au discours plus d'étendue encore, il faut se servir de plusieurs termes pour désigner chaque chose, faire suivre chaque partie d'un court résumé, et à la fin du discours donner une récapitulation générale de tous les points que l'on a traités^. » Comme on voit, le rhé-