Isocrate, Antidosis, 'kf
3. Voir Graefenhan, Geschichle der klassischen Philologie in Aller th.. I, p. 149.
tion, etc. C'est ainsi que Protagoras blâmait l'auteur de l'Iliade de s'être servi dans l'invocation à la Muse (jjiïiviv âstos, Oei) de l'impératif, mode qui, disait-il, exprime l'ordre, non la prière'. Dans le dialogue de Platon qui porte son nom, c'est à une chanson de Simonide que s'en prend le même sophiste. Entre le premier vers : « Il est bien difficile de devenir véritablement homme de bien », et la suite où est contestée cette maxime de Pittacos, qu'« il est difficile d'é/re vertueux », il relève une contradiction^. On a l'idée par ces exemples de ce qu'était la critique des sophistes : c'est une chicane vétilleuse, parfois niaise, par où ils cherchent uniquement à briller et à faire étalage de leur savoir. Nul souci du vrai, nul effort sincère pour entrer dans l'intelligence des textes; bien loin d'avoir pour leur auteur cette s\mpathie qui aide à le comprendre, ils triomphent sottement de le prendre en faute.
Lorsque le sophiste avait ainsi proposé quelque difficulté, c'était l'affaire de l'un des auditeurs, ordinairement d'un confrère, de défendre le passage attaqué. C'est le rôle que joue Socrate dans le Protagoras. Il n'a nulle peine à montrer que la contradiction reprochée n'existe pas, puisque Simonide a dit : « Il est difficile de devenir », et Pittacos : « Il est difficile d'être vertueux. » Mais, lorsqu'ensuite Socrate se mêle d'exposer le but et le plan de la chanson de Simonide, sa critique, il faut bien l'avouer, montre aussi peu de sérieux que celle de Protagoras; pour plier le texte à sa théorie personnelle sur l'identité de la science et de la vertu, il entasse jusqu'à trois ou quatre faux sens, motivés, du reste, le plus ingénieusement du monde. Évidemment) cette exégèse