‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 37 sur 224 · Platon, Protagoras, 330 A sq · texte numérisé non relu

Platon, Protagoras, 330 A sq

n'est qu'un jeu, et plus d'un détail au besoin nous en avertirait. Si Socrate discute ici en sophiste, c'est qu'appelé par Protagoras sur un terrain où celui-ci se croit passé maître, il prend malignement plaisir à battre son adversaire avec ses propres armes.

Chez Aristophane aussi on rencontre une dispute philologique ; c'est Ja scène connue des Grenouilles, où Eschyle et Euripide se jettent à la face les défauts de leurs drames. Remarquons que par bien des détails cette querelle est un pastiche, autant qu'une caricature, des disputes sophistiques. Par exemple, les reproches qu'Euripide adresse au prologue des Choèphores : ambiguïté du premier vers, cheville dans le troisième, autre cheville dans le quatrième, ne sont pas dénués de tout fondement; mais c'est là de la critique pédante, pointilleuse , comme celle de Protagoras sur le début de VIliade\

A côté de ce genre terre à terre, occupé surtout de vétilles grammaticales, nous trouvons déjà quelques ébauches d'une critique plus haute, qui s'essave notamment à juger et à comparer les caractères des personnages. A cet égard VHippias Minor est fort instructif. Au moment où s'ouvre le dialogue, Hippias vient d'achever au milieu des applaudissements une conférence sur Homère et divers autres poètes. Le public s'est déjà retiré, à l'exception de quelques familiers d'Hippias, restés dans la salle pour le complimenter. L'un d'eux, Socrate, sollicite alors quelques éclaircissements complémentaires sur les belles choses qu'il vient d'entendre : que pense Hippias des caractères d'Achille et d'Ulysse, lequel des deux est supérieur à l'autre, et en quoi f Le conférencier se prête de bonne grâce à ces interroga-

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