Sexlus Kni|iii'icus, Adcers. iiutthetixitii-us, VJl. (Kl
4. Platon, Sophiste, 233 D. Aristoto , Métaphysique, li, 2, p. 998 A.
5. Aristote, Réfutations sopliisliqiw.i. XXXIV. G. Cicéron, Brutus, 46.
On ne sait rien de plus certain sur les écrits de Protagoras.
On imagine assez aisément, grâce aux dialogues de Platon, ce qu'était une dispute éristique. L'éristique était un art véritable, ayant sa nature propre et ses lois. Au début de la séance, on distribue les rôles. C'est d'ordinaire au sophiste que revient le rôle d'interrogateur; c'est lui, par conséquent, qui gouverne la discussion. L'un des assistants a spécialement mission de répondre. Le plus souvent on choisit pour cette fonction un jeune homme, et cela pour deux raisons. L'une, c'est que les vieillards, comme dit Théodoros dans le Théétète, ont les membres trop raides pour descendre dans l'arène : il faut des adversaires jeunes et souples, tout fraîchement sortis de l'école et rompus à cette escrime'. Une autre raison qu'indique le même personnage, c'est qu'il y a moins de honte pour un jeune homme que pour un vieillard à être vaincu^. Mais les autres auditeurs ne sont pas simplement juges des coups. Si le premier répondant s'est avoué vaincu, un second entre en lice à sa place. Libre alors à celui-ci de révoquer toutes les concessions faites par son prédécesseur, et le combat recommence sur nouveaux frais. D'autres fois, mais plus rarement, le sophiste accepte le rôle plus difficile d'interrogé, ou même, pour faire briller davantage son talent, il se montre tour à tour dans les deux emplois. De toute façon la discussion est pour lui une série de duels, d'où il doit sortir toujours vainqueur-''.
Les sophistes, en effet, se vantaient de triompher à coup sûr dans toute dispute. Ce n'était pas de leur part