Ibid., XII, 8. Cf. Platon, Gorgias, i82 G sq
tote a exposées tout au long. Elles sont de deux sortes, défensives et offensives : précautions contre la déloyauté possible de l'adversaire, ou pièges tendus à son inexpérience et à sa bonne foi. Ne nous exagérons pas du reste, au point de vue moral, l'importance de cette distincticjn ; même dans les premières il y a déjà une part de dissimulation et de tromperie, si bien qu'entre les deux catégories la frontière est parfois malaisée à établir.
Parlons d'abord des précautions légitimes. La perfection de l'art éristique serait que, toutes les questions faites et la conclusion même donnée, l'adversaire en fût encore à se demander le pourquoi de cet interrogatoire '. — Si donc il s'agit d'une proposition nécessaire, ne la demandez jamais tout net, car il y a gros à parier qu'on vous la refuserait. — Recourez plutôt aux propositions supérieures, en lesquelles est enveloppée celle dont vous avez besoin; de la sorte, l'adversaire se trouvera avoir concédé la chose à son insu°. — Ou bien prenez les propositions inférieures, c'est-à-dire des cas particuliers de la proposition générale que vous voulez établir ; rien de plus facile ensuite que de remonter jusqu'à celle-ci par induction \ — Ou bien encore, au lieu d'avancer directement une proposition, demandez telle autre dont elle est la conséquence; car qui accorde l'effet accorde la cause*. — S'il s'agit d'une proposition accessoire, avancez-la comme si vous aviez en vue non l'objet en discussion, mais quelqu'autre ^ — Gardez-vous de montrer trop d'ardeur pour une proposition, si utile qu'elle soit, car l'adver-
1. Aristote, Topiques, VIII, I, 9. Cf. Réfid. sophistiq., XV, 6.