‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 46 sur 224 · Ibid.. VIII, I, 12. Cf. VIII. I · texte numérisé non relu

Ibid.. VIII, I, 12. Cf. VIII. I

saire serait d'autant plus enclin à résister '. — 11 est habile, par contre, de se faire parfois des objections à soi-même : contre un argumentateur qui semble si loyal l'adversaire est sans défiance *. — Enfin un bon moyen de faire passer des propositions qui, avancées isolément, n'eussent peut-être pas été concédées, c'est d'allonger la discussion ([xrjxûvetv), en y faisant entrer des détails étrangers au sujet, à la façon d'un géomètre qui tracerait de fausses lignes; car plus il y a de propositions, moins il est aisé de voir l'erreur -^ — Cette dernière règle appellerait, comme on voit, des réserves; aussi la retrouverons-nous tout à l'heure, et plus à sa place, dans la catégorie des artifices déloyaux*.

Les sophistes usaient, comme de juste, de tous ces moyens pour n'être pas dupés; mais ils visaient en plus à duper leurs adversaires. Se plaçant à leur point de vue, Aristote donne les règles suivantes. Ne laisser jamais deviner la réponse qu'on désire : pour cela, interroger soit sous forme négative, comme si c'était le contraire qu'on désirât, soit sous forme à la fois négative et affirmative, comme si l'on était indiff"érent. (Exemple : le plaisir est-il ou n'est-il pas selon la nature'?) — Un moyen pour réfuter, c'est encore la prolixité (ij.Tjy.5;), car, en noyant son adversaire dans un flux de paroles, on

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