‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 47 sur 224 · Ibid., VIII, I · texte numérisé non relu

Ibid., VIII, I

4. Aristote, Réfutât, sophisliq., XV, 2. — Du reste, Aristote n'a-t-il pas dit lui-même : « Si l'on a affaire à un interlocuteur qui use de tous les moyens pour n'avoir pas l'air d'être pris, il est juste aussi de recourir à tous les moyens pour établir le syllogisme. » (ropig.,VlII, 12(14), 16.) Réflexion bien curieuse et bien grecque.

ô. Aristote, Réfutât, sophisliq. XV, 7, etlascolie. Cf. Topiques, VIII, I, 12 et 18.

mpêche de discerner le point faible d'un raisonnement '. — Une ruse toute contraire, c'est la volubilité de l'argumentation ('â/s;) : étant toujours en retard, l'auditeur voit moins où on le mène'. — Bien souvent aussi ce qui fait croire à la réfutation, c'est l'impudence du sophiste qui, sans avoir fait de syllogisme régulier, conclut : donc telle chose est ou n'est pas-"*. — Quand l'adversaire a accordé un à un tous les cas particuliers, le mieux est, au lieu d'induire expressément l'universel, de s'en servir comme accordé : de la sorte, l'adversaire lui-même s'imagine souvent l'avoir concédé, et tel est aussi le sentiment de l'assistance K — Du reste, c'est là une tactique générale des sophistes : chaque fois qu'on le peut, prendre les propositions comme accordées plutôt que de les demander ■\ — Quand on manque d'arguments sur la question môme, il faut se jeter à côté et argumenter sur une autre ; pour cela, on évitera au début de la discussion de préciser trop nettement le sujet •'. — Enfin, un ton volontairement agressif et qui excite la colère de l'adversaire peut faciliter la réfutation, car un homme troublé par la passion est moins sur ses gardes^. — Etc.

(Jjaton est trop fin et trop malicieux observateur pour n'avoir pas rendu au vif quelques-uns de ces traits dans les scènes où il fait parler les sophistes. Voyez, par exemple, de quelle impertinente façon le sophiste Dionysodore rabroue Socrate, qui Ta pris en flagrant délit

Page 1