‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 48 sur 224 · Ibid., XV · texte numérisé non relu

Ibid., XV

de contradiction : « Tu es donc retombé en enfance, Socrate, pour répéter ici ce que nous avons dit au début? Si j'ai avancé une chose il y a un an , viendras-tu nous la rabâcher? Et ce que nous disons présentement, tu n'as donc rien à y répondre ' ? » Echappatoire commode, dont usent non seulement Dion3'sodore, mais aussi Hippias^, Caiiiclès^, Alcibiade'*. Plus loin, Socrate lui ayant objecté que sa question est ambiguë, il s'entête à refuser tout éclaircissement, et veut quand même une réponse : « Tu entends bien quelque chose à ce que je te demande? — Oui, sans doute. — Eh bien donc réponds d'après ce que tu entends. — Mais si tu m'interroges dans un sens, et que moi je t'entende en un autre et réponde en conséquence, seras-tu satisfait? — Oui, pour ma part^ » Si, pour échapper à une équivoque, Socrate met dans sa réponse quelque restriction de lieu, de temps, de manière, Dionysodore se fâche tout rouge, et exige qu'on réponde uniquement par oui ou par non ^. Ne reconnaît-on pas là plusieurs des ruses éristiques signalées par Aristote?

3. Mais le principal instrument de tromperie des éristiques, c'étaient les paralogismes. Aristote en distingue deux sortes, selon que la fraude porte sur la matière ou sur la forme''. Dans la première catégorie il cite d'abord le sophisme très usité, par lequel on reporte au sujet ce qui n'appartient qu'au prédicat; exemple : « Ce chien

Page 1