Ibid., XXIV et V
5. Ces deux exemples sont tirés d'Homère, Iliad., XXIII, 328, XXI, 297.
possibles que dans l'écriture, car la prononciation les dévoile. — Enfin il analyse les sophismes de grammaire (icap
xéa
'), tirés de certai
ilarités
de la langue.
Y eut-il jamais à Athènes des sophistes capables de se rabaisser à de telles bouffonneries, et un public assez futile pour y applaudir?'' On serait tenté au premier abord d'en douter. Mais « la concordance des descriptions de Platon et d'Aristote, soit entre elles, soit avec les autres renseignements que nous possédons, nous autorise, dit très justement Ed. Zcller, à en rapporter tous les traits essentiels à la sophistique elle-même'. » Du reste, on s'explique à la réflexion le succès de ces arguties. La logique était alors un art tout nouveau : que les inventeurs en aient abusé et s'en soient grisés, quoi de plus naturel ? La même chose s'est produite depuis au Moyen-âge. Je croirais même volontiers que, comme les docteurs du Moyen-âge, les éristiques ont été plus d'une fois les premières dupes de leurs propres sophismes. Aristote explique très bien comment cela a pu se faire. « Comme il n'est pas possible, en discutant, d'apporter les choses mêmes, mais qu'il faut bien, à la place des choses, se servir des mots comme symboles, nous nous imaginons que ce qui arrive aux mots arrive également aux choses; mais les mots sont en nombre limité, tandis que les choses sont innombrables : c'est pourquoi un mot signifie nécessairement plusieurs choses. » De là chez les sophistes tant d'équivoques ordinairement voulues, mais parfois aussi inconscientes. N'oublions pas, d'autre part, qu'aux yeux du disputeur comme du public