‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 57 sur 224 · Platon, Hippias major, 228 D · texte numérisé non relu

Platon, Hippias major, 228 D

général de «temps»), £j-:-:;j.ir,v, àv(i);jv;(;v ' . Par des métaphores.,DÙ ron__pgnr voir enmrft l'influence de la^ésie. Ce tr&it est surtout frappantcEêz Hippias. Dans les quelques lignes que Platon lui prête dans le Protagoras, nous constatons un entassement de métaphores : TT.ç 'E/.AâSs; d; tj-'z -î 7:pu:xvîV:v Tr,z Tc^îa; — içîTvxi /.%: /aAaiai Ta; f,v'.â; Toï; Xi^îi; — Tivta y.à/,ii)v iy.Tîivavxa, î'Jpîa èiévTa, çîÙYîtv £Î; t: T.i'kxyoz. tûv Xi-ftov^, etc. — Un autre caractère commun du style des sophistes^ c'est l'ampleur (ij.r/.p;/.î-;!a). Tous se targuaient du talent de parler longuement sur le même sujet. Et dans les imitations de Platon et de Xénophon nous voyons, en effet, Protagoras et Prodicos s'exprimer avec une fluidité abondante et agréable, Hippias avec une fatigante verbosité-'. Il y avait sans contredit quelque puérilité dans cette recherche; mais, outre que l'abondance est une des conditions nécessaires de l'exposition orale, les sophistes n'ignoraient pas que c'est aussi une des choses que la foule naïve admire le plus. — Beaucoup plus importante! de meilleur aloi était le soin scrupuleux que Prodicos apportait dans le choix des termes. Il n'est pas douteux que ses fines distinctions de mots — dont la trace peut se suivre chez Antiphon, chez Thucydide et jusque chez Isocrate — n'aient contribué puissamment à développer chez les écrivains attiques le goût de l'exactitude, de la précision

1. Ce fragment, on dialecte ionien, est rapporté par Plutarque, Consolalioii à Apollonius, 118 E.

2. Platon, Protagoras, 337 G. — l'n fragment cité par Clément d'Alexanilrie (Slromal , VI, Oi'i A) offre également une métaplioro :

Ta [J-éyilTi /.ai ôrxiyuXa.

3. .le relève en parliculier dans le discours d'Hip|iias : fiyaOuai ifù jjià; a'JYY2'''''î "'!'■*'' oîv.E'Oj; zïi ;:o).tTa; a-xvxa; £tvx'. tfJiEC (trois mots pour un), et plus loin : r.'Mi'^^i jxoi iagooS/ov /.ïl J-ia-ârrjv zï'i ::pjTavtv EX;a6ai.

et de l'analyse'. Quant aux recherches de Protagoras et d'Hippias sur la correction du lanf,'age, sur les syllabes, les rythmes, quoique ce soient surtout des curiosités qui ne pouvaient guère avoir d'influence sur la pratique, disons avec M. A. Croiset que « cet ertort encore très élémentaire conduisait cependant à mieux comprendre ce qu'on avait fait jusque-là par instinct". » En résumé, Ips sophistes n'ont pas été des créateurs en fait de langue et de style. Ils ont eu des velléités du mieux, mais pas de principes arrêtés. Dans leurs mains la prose flotte, encore indécise, entre la poésie et le langage vulgaire. Elle n'a ni indépendance, ni lois propres.

Les sophistes ont rendu plus de services à l'éloquence' comme créateurs et propagateurs d'idées. Les premiers, ils ont démêlé et opposé les principes généraux auxquels se ramène toute l'activité humaine : idées du droit naturel et du droit légal, du juste et de l'injustêT^ l'utile

et! du beau7diT~î)os*iible-, éfc! Chez Thucydide déjà on voit quel parti l'éloquence tirera de ces notions. C'est, en elïet, des sophistes que dérive toute sa psychologie, si pénétrante parfois et si profonde, et elle leur emprunte même leurs cadres. Thucydide a été évidemment très trappe de ce que ces notions du juste, du beau, de l'utile, introduisaient de clarté dans les faits humains. On en trouve la mention à chaque page de son histoire. Il }• a tel de ses discours qui n'est d'un bout à l'autre que le développement d'une de ces idées. D'autres fois il les oppose entre elles, et derrière la querelle de deux peuples il aperçoit le conflit de deux principes moraux : Athéniens et Méiiens, par exemple, ne sont plus chez

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