Ibid., V
3. Voir Alf. Croiset, Hixt. rie la litli-rnl. grecq.. t. IV, p. 18
exemple'. Rien ne le distinguerait de ceux que l'on lit chez Homère ou Hérodote, si l'on n'avait malgré tout l'impression de quelque chose de plus ramassé, de mieux lié et de plus vigoureux où apparaît déjà la différence de l'esprit attique et de l'esprit ionien. Mais à côté de ce type simple et archaïque, il y a aussi chez Sophocle quelques discours où l'influence des sophistes dialecticiens est marquée. De ce nombre est le plaidoyer où Clytemnestre, dans l'Electre, se disculpe du meurtre d'Agamemnon^. La composition en est des plus méthodiques. Proposition : « Tu m'accuses d'avoir tué ton père? — Défense : Soit, je ne le nie pas; mais ce n'est pas moi seul qui Tai frappé, c'est aussi Dikè; et ton devoir eût été de me seconder, si tu avais eu quelque raison. Car enfin ce père est de tous les Grecs le seul qui ait jamais sacrifié sa fille aux dieux. — Réfutation : Mais apprends-moi pourquoi il l'a sacrifiée. — A. Dira-t-il que c'est dans l'intérêt des Grecs? Mais les Grecs n'avaient pas de droits sur ma fille. — B. Dira-t-il que c'est dans l'intérêt de Ménélas? a) Mais alors n'était-il pas plus juste de sacrifier les deux enfants de Ménélas, en faveur de qui se faisait l'expédition? b) Ou bien Hadès était-il plus avide du sang de mes enfants que de celui des enfants d'Hélène? c) Ou bien ce père exécrable, sans tendresse pour ses enfants, n'en avait-il que pour ceux d'Hélène? — C. N'est-ce pas là le fait d'un père insensé et dénaturé? Tel est mon sentiment; celle qui n'est plus dirait comme moi, si elle pouvait prendre la parole. — Péroraison : Aussi je ne regrette point ce qui s'est passé; et toi, qui trouves que j'ai tort, sois impartiale dans tes jugements, et tu en accuseras d'autres que moi. » On