Aristote, Rhétorique, III, 1, p. 1404 A
3. Fragm. 6, éd. Blass : fiXin; 5c 6 XiS^OS iJir; Àôyo; h-m ■ ^r^'Sm fif •
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autre fragment de la technè : en choisissant dans la langue usuelle les termes « les plus beaux », entendez par là les plus expressifs et les plus harmonieux'. Toute cette méthode a, du reste, été reprise dogmatiquement par Aristote. Même dans la prose celui-ci demande ce qu'il appelle t; ç£vi/.:v « un air étranger », c'est-à-dire quelque chose qui tranche sur la banalité ordinaire". Mais il veut, en revanche, que l'artifice n'apparaisse pas. « Et le moyen pour cela, ajoute-t-il, c'est que l'écrivain fasse un choix parmi les mots du langage ordinaire : procédé dont Euripide dans ses vers a donné le premier l'exemple 3. » Nous sommes ici, comme on voit, presque à l'antipode des moyens prescrits par Gorgias. Reste pourtant à celui-ci l'honneur d'avoir très nettement montré le but à atteindre.
3. Enfin les innovations grammaticales de Gorgias n'ont pas moins d'importance. 11 est plusieurs emplois, comme celui de l'adjectif neutre au sens d'un substantif, qui, réservés jusque-là à la poésie, ont passé grâce à Gorgias dans la pratique courante des attiques. D'autres, tels que l'usage du participe neutre au lieu du substantif, ou celui des substantifs verbaux en --.r,z et en -v.z au lieu du verbe, sans avoir pris autant d'extension, se retrouvent chez ses successeurs, en particulier chez Antiphon et Thucydide. Toutes ces innovations, et d'autres encore, ont donné à la langue attique des qualités inconnues de brièveté et de précision psychologique, ou du moins ont développé en elle le goût de ces qualités. Il v