‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 96 sur 224 · III · texte numérisé non relu

III

deinment destiné a son enseignement . Il ne nous en

est parvenu que trois fragments, malheureusement très courts. De l'un d'eux tout ce qu'on peut dire de sûr, c'est qu'il a appartenu à un exorde''. Un autre, où se reconnaît également un débris d'exorde, est ainsi conçu : « Si j'ai intenté la présente accusation (Ypx:pr;), c'est parce que j'ai soulïert mille torts de la part de cet homme, et qu'il vous en a fait souffrir davantage encore, à vous et à tout le reste des citoyens-'. » Ces lignes si courtes sont intéressantes, parce qu'on y saisit déjà l'application de plusieurs préceptes des manuels; rejeter sur son adversaire la responsabilité du procès, se donner l'apparence d'un cito\en dévoué à la chose publique, persuader aux juges qu'il y va de leur intérêt personnel '. Dans le dernier fragment Antiphon faisait parler en ces termes un père qui poursuit en justice le meurtrier de son fils : « Infortuné, qui aurais dû mourir, c'est moi qui survis pour être la risée de mes ennemis! ^ » On devine là le ton pathétique d'une péroraison. Voilà tout ce qui nous reste des np-.sfij/a -/.al i^riXi-fî'. d'Antiphon.

Mieux que ces fragments misérables, les exordes des discours conservés peuvent nous renseigner sur le contenu de l'ouvrage. Presque tous sont de purs lieux communs, et il eswnême înfîri^iment probable que quelques-uns ont été puisés dans le Recueil. Prenons, par exemple, le premier discours de la I" Tétralogie. N'est-il pas vrai que ce début peut être mis dans la

1. l'holius, s. V. [lo/Ofipo; Suidas, s. vv. a;jOsaO»i, Sji», ]io/9r;p<i;.

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