‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 97 sur 224 · Fragm · texte numérisé non relu

Fragm

bouche de tout plaideur dont la plainte s'appuj.e plus sur des présomptions que sur des preuves?

« Lorsqu'un méfait a été commis par des coupables ordinaires, il n'est pas difficile de les convaincre. Mais, si les coupables sont des hommes joignant à l'habileté naturelle l'expérience acquise, et parvenus à ce degré de l'âge où l'intelligence a toute sa force, c'est chose difficile et de les découvrir et de les convaincre. En raison de la grandeur du péril, ils prennent dès longtemps leurs mesures pour faire le mal en sécurité, et ils ne l'entreprennent qu'après s'être mis à couvert de tout soupçon. Instruits de cela, vous devez, même si on ne vous présente que des vraisemblances, vous v attacher fortement'. »

D'une portée plus générale encore est l'exorde du discours^»;- feUliorëule. L'orateur y vante les avantages moraux que puise un accusé dans le sentiment de soirîTiriocence :

« Ce qu'il y aurait de plus agréable, juges, pour tout homme, ce serait d'abord de ne point voir sa vie en danger, — volontiers on formulerait ce vœu dans ses prières, — et ensuite, s'il se trouvait jeté pourtant dans ce danger, de pouvoir se dire (ce qui est ma grande consolation dans la situation présente) qu'il n'a sur la conscience aucune faute, et que tout malheur qui pourra survenir ne sera pour lui ni un sujet de honte, ni une preuve de méchanceté, mais l'effet de la fortune et de l'injustice". »

1. Je demande l'indulgence pour celle traduclion comme pour toutes celles qui suivent. Estimant que, dans une version d'Antiphon, l'élégance serait une infidélité, je n'ai cherché ni à dissimuler ni même à atténuer l'embarras, la gaucherie, la lourdeur de l'original.

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