‹ Essai sur la silicose pulmonaireChapitre 16 sur 39 · SPA TE · texte numérisé non relu

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sensibles et les plus vulnérables. Même sans qu'aucun trauma, ni aucune modification He lHOlogiquE ne soient survenus auparavant.

C'est au niveau de ces deux zones que l'on admet généralement que se produit le passage des particules siliceuses à l'intérieur du tissu pulmonaire. Voyons dans

quelles conditions.

Certains ont prétendu que Patton de ja silice est avant tout chimio-toxique (KETTLE, MAVROGORDARO.) La silice libre se solubiliserait lentement dans les sucs tissulaires, formant un colloïde positif toxique. La démonstration expérimentale de la toxicité de la dissolution de silice pour les tissus a été faite maintes fois, en particulier par PoLicARD, DOUBROW, BOUCHARLAT, devant l’Académie des Sciences, (Influence de la silice en solution sur les cellules cultivées in vitro.) Voici les conclusions :

« À vingt gouttes de suspension par em du milieu, il y a ralentissement extrême et même arrêt complet de croissance...

« Les cellules macrophages, que phagocytent les particules, ne semblent pas être modifiées.

« Au contraire, les cellules, qui, plus rarement, ont absorbé des éclats en aiguilles, ou conchoïdes, paraissent assez souvent en voie d’altération. »

Mais ces concentrations ne sont sans doute jama:s atteintes dans le poumon.

D’autres sont allés plus loin. Pour eux, la silice passe daps la circulation en solutions colloïdales et agit comme

js — 36 — un po:son sur le rein, le foie, aussi bien que sur le tissu pulmonaire.

D’autres encore n’ont voulu voir que le rôle du macrophage (ou cellule à pouss'ère ou de METCHNIKOFF), qui se charge de poussière et est entraîné par la lymphe dans les espaces et canaux lymphatiques.

D’autres encore n’admettent qu’un mécanisme physique de pénétration, en pointe de flèche, par la propre poussée du corps de la poussière et les mouvements des tissus. :

Il est sans doute certain que ces d'fférents modes de pénétration sont tous empruntés par les particules siliceuses selon la nature de ces particules, qui peuvent être plus ou moins solubles. Nous les-avons vus de taille et de formes variables plus ou moins aigués.

Ce qu'il y a de sûr, c'est que, en tout cas, les particules siliceuses pénètrent dans les espaces inter alvéolaïres et péri bronchiques. Et que là est déclenché à chaque fois un processus réactionnel identique, consistant en une dégénérescence fibreuse des tissus aboutissant à la formation du nodule fibreux silicosique.

Mais, là encore, on n’est pas d’accord sur le mode de formation de ce nodule. Certains auteurs voulant y voir un processus de défense locale contre l’intoxication de lorganisme tendant à arrêter les grains de silice dans leur migration, POLICARD répond :

« Quand une poussière étrangère pénètre dans un point du tissu pulmonaire, au'‘niveau de celui-ci se

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trouvent déclenchées une série de modifications locales,

pour qui la défense de l'organisme n’a aucune significa-

tion. Un tissu réagit pour son propre compte sans se soucier de l’organisme entier », nous mettant ainsi en garde contre des développements finalistes trop hâtifs. Des expériences effectuées sur des animaux, que l’on a asireints à respirer dans une atmosphère chargée de poussières de nature connue ; d’autre part, des cas de silicose humaine, rapide aiguë, auxquels on peut attribuer une valeur expérimentale, prouvent, en tout cas, que « la silicose pulmonaire, quelle que soit son étiologie industrielle, présente une lésion anatomique caractéris-

tique, le nodule silicolique pulmonaire ou granulation

silicotique. Avec des variantes, cette lésion se retrouve toujours dans tous les cas de silicose pulmonaire. On peut la considérer comme spécifique de l'affection ».

Voyons donc les caractères de ce nodule fibreux, lésion caractéristique de la silicose.

Il faut noter avant tout qu’il ne se rencontre que rarement à l’état de pureté. À ce propos, POLICARD affirme d’ailleurs que, ni au point de vue histopathologique, ni au point de vue clinique, on ne peut faire une distinction nette entre silicose et anthracose. Le nodule était toujours semi anthracosique, semi silicotique.

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DU NODULE SILICOSIQUE

Le nodule silicosique s’observe sur la tranche de section du poumon ; il est de dimension variant de 1 à

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‘3 millimètres, s’unissant parfois aux nodules voisins; mais, en général, et surtout, à la période de début, bien isolé (à la période terminale, il tend à se confondre avec le parenchyme sclérosé), de couleur presque toujours noirâtre. Sauf s’il est de silice pure : en ce cas, grisâtre.

On le trouve, dans la partie moyenne du poumon, en plus grande fréquence que dans le reste du poumon; et il se rencontre aussi sur la surface pleurale.

STRUCTURE DU NODULE SILICOTIQUE

Il est essentiellement constitué par : 1° Une masse centrale fibreuse, avec de forts faisceaux collagènes plus ou moins calcifiés et des pigments (suie, houille), en quantité variable, mais. toujours plus faible qu'à la périphérie. Et, quelques fois, dans le cas de tuberculose associée des zones nécrotiques caséïfiées. 2° Une zone périphérique, constituée par un tissu conjonctif, riche «en cellules {histiocytes, lymphocytes, plasmocytes, cellules à poussières), prises dans un réseau de fibres collagènes émanées du noyau central, et qui se rattachent aux cloisons inter alvéolaires du tissu pulmonaire. Les pigments y sont en quantité importante ({suie, granulations fines de carbone, pigments hématiques, fer). 3° Une couche extérieure, plus riche encore en cellules.

Disséminées dans tout le nodule, des particules minérales très, fines — un à huit microns : roche, houille, silice pure — se rencontrent en‘nombre variable, que

certains auteurs (W. Gi1EsE, 1931) ont estimé : à 100 pour un nodule de 0.75 mm. de diamètre,

Certains ont soutenu (IRVINE, WATT, 1912) que le nodule silicotique se développe, avec prédilection dans l’adventice d’artérioles pulmonaires.

Et PoricaRp donne comme raison possible que c’est dans la zone qui entoure les artérioles que cheminent avec le plus de facilité les particules taillées en flèches, qui progressent toujours dans la même direction, poussées par les mouvements du parenchyme pulmonaire — à la manière de l’épi de seigle dans une manche. L’artère constituerait l’obstacle final à la marche des particules poussiéreuses, qui se fixeraient là, et y constitueraient des nodules.

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