CANALICULES DROITS OU DE BELLINI
1° Trajet.
a) Pores papillaires. Les canalicules médullaires commencent sur le sommet des papilles, par de petites ouvertures appelées pores papillaires. Ces pores sont au nombre de 15 à 20; ils ont
'Sucquet, D’une circulation spéciale au rein des mammifères. Paris 1867.
une forme ronde, ou légèrement ovale et mesurent d’après M. Morel en moyenne 1/5 de millimètre de diamètre. Kollmann indique des dimensions un peu moindres (0mm,15 à 0mm,12). Ilenle de plus fortes (0mm,20 à 0,nm,30). Chez les animaux la forme et les dimensions varient beaucoup.
b) Troncs des canalicules droits. Les pores papillaires conduisent dans de petits canaux correspondant avec eux en nombre et en diamètre. Ce sont les troncs primitifs des canalicules médullaires; tout près de leur origine ils se divisent en deux ou trois rameaux.
c) Canalicules droits. Chaque branche de bifurcation des troncs primitifs porte deux canalicules droits (canalicules ouverts, offene Kanœlclien de Ilenle). Ces canalicules augmentent rapidement en nombre, par des divisions dichotomiques successives. Quelques auteurs admettent qu’ils se partagent en trois ou quatre branches; je n’ai jamais pu observer ce genre de‘division. A une certaine distance de la papille les ramifications deviennent très-rares, au point qu’on les a mêfne niées complètement.
Tous ces canaux se séparent les uns des autres en formant des angles très-aigus et suivent un trajet rectiligne à travers toute la hauteur de la pyramide. Ils sont donc à peu près parallèles. Les canalicules naissant des pores «centraux sont parallèles à l’axe de la pyramide; ceux de la périphérie sont obliques de dedans en dehors. Les plus externes cheminent pendant quelque temps sous la surface de la papille, à la manière des tiges rampantes, pour me servir d’une comparaison de Henle. Il résulte de là que les canalicules rayonnent du sommet de la papille vers la surface du rein, et que leur réunion constitue une masse de forme pyramidale, à base dirigée vers la substance corticale.
Ilenle le premier rendit attentif à la concentration vers la
papille des ramifications des canalicules cl la décrit sous le nom de ramification 'papillaire des tubes ouverts. Selon lui, dans la pyramide proprement dite les canalicules ne se divisent plus. Ludwig, Roth sont du même avis; Kollmann prétend, au contraire, que les ramifications se font dans toute l’étendue de la substance médullaire. Schweigger-Seidel admet le fait chez les jeunes animaux; chez les adultes il décrit la ramification papillaire de Henle. Chez l’homme cela me paraît exact. Sur des reins d’enfant, je vis des bifurcations de canalicules à une distance assez considérable de la papille; chez l’adulte je les vis toujours tout près de son sommet; de même chez les petits animaux (taupe, souris et chauve-souris). Quant au nombre des ramifications que présente un seul et même tronc de canalicules droits, Schweigger-Seidel a cherché à le donner en chiffres; cette évaluation me semble n’avoir aucune importance.
2° Diamètre.
Le diamètre diminue rapidement par suite des ramifications successives. Les premiers canalicules mesurent 1/6 de millimètre, d’après M. Morel. Dans les ramifications suivantes, le diamètre tombe à 1/25 de millimètre. D’après Ilenle ce calibre est atteint à une distance de 5 millimètres du sommet de la papille. Les diamètres donnés par les différents anatomistes varient assez notablement, surtout quand il s’agit d’animaux. Cela s’explique aisément: tantôt les mesures ont été prises sur des canalicules vides, tantôt sur des canalicules injectés; tantôt sur des coupes faites sur des organes durcis, tantôt sur des préparations obtenues par macération chimique. Tout ce que Ion peut affirmer, dit Schweigger-Seidel, c’est que le rapport du diamètre des tubes droits à celui de leurs troncs est comme 1 à 4.
3° Structure.
Les troncs semblent manquer de membrane propre; leur contour est formé par une simple ligne, ne paraissant être que la ligne de contour du stroma (pl. I, fig. I, 1). Plusieurs anatomistes les ont décrits comme de véritables lacunes creusées dans le stroma de la papille. Dès lors ils les ont séparés des canalicules droits, en leur donnant les noms de canaux papillaires., lacunes papillaires , qui rappellent les anciennes dénominations de vaisseaux papillaires , de fovece , données par Ferrein, Schumlansky, Eysenhardt.
Dans les tubes droits proprement dits, la membrane propre apparaît peu à peu sous forme d’une membrane fine et transparente (pl. I, fig. IV, 1). L’épithélium est simple et formé par des cellules cylindriques très-peu élevées (pl. I, fig. VII, 2), dont la base est appliquée sur la paroi, et le sommet tourné vers la lumière du canalicule. Dans les troncs la hauteur des cellules est en moyenne de 0mm,02 à 0mm,03, d’après Iienle; au milieu de la pyramide les canalicules ne présentent plus que des cellules de 0mm,016 de hauteur. Chez l’enfant les cellules ont, en moyenne, 0mm,0126 de hauteur et 0mm,0084 de largeur; chez l’adulte 0inin,0210 de hauteur et 0mm, OI 68 de largeur. Le contenu des cellules est légèrement granulé,; le noyau très-apparent et muni, d’après Roth, d’un nucléole. A la surface des papilles cet épithélium se continue avec l’épithélium du calice.
Préparation. Pour voir les pores, leur situation sur le sommet des papilles, il suffit d’examiner celles-ci avec une loupe. Pour constater l’existence des troncs papillaires et leur division , je recommande la préparation suivante : enlever le sommet de la papille par une section perpendiculaire à son axe, placer la préparation par sa surface de section sur le porte-
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par la matière à injection. L’épithélium peut avoir disparu, être resté en place, ou bien se trouver au milieu du tube sous forme d’un amas de cellules.