‹ Essai sur la structure microscopique du reinChapitre 7 sur 31 · CONTINUITÉ DES CANALICULES MÉDULLAIRES ET CORTICAUX · texte numérisé non relu

CONTINUITÉ DES CANALICULES MÉDULLAIRES ET CORTICAUX

Renie seul n’admet pas cette continuité. Tous les autres anatomistes la décrivent; mais, à l’exception de Schweigger- Seidel , personne n’a pu la montrer. Les injections prouvent évidemment qu’elle existe. John Ilunter déjà injecta par l’uretère les canaux contournés chez le cheval. Toynbee les injecta chez l’homme; Gerlach chez le cheval , le mouton , les vertébrés inférieurs; Isaacs chez le renne d’Amérique. Plus récemment, Hyrtl et Frey injectèrent les canalicules corticaux jusqu’aux capsules de Rowman chez les vertébrés inférieurs. Kollmann réussit sur le chien ; Ludwig et Zawarykin sur le porc; Schullze, Schweigger-Seidel, sur des embryons de veau, mouton, porc et sur des fœtus. Kôlliker, faisant des injections en sens inverse, parvint à remplir les canalicules corticaux et les tubes droits jusqu’à la papille. J’ai fait, pour démontrer le fait, des injections par l’uretère et j’ai pu remplir les anses, les tubes

contournés chez le porc et chez l’enfant; les capsules chez le porc (pl. VII, fig. IX et X).

Par l’isolement la démonstration réussit à Schweigger-Seidel. Cet auteur donne deux dessins de préparations par isolement, où un canal droit, un canal de communication, une anse complète et un tube contourné se font suite. Je n’ai jamais été aussi habile, la préparation la plus complète que j’aie obtenue est représentée pl. IV, fig. II. Elle fait voir un canalicule de Bellini de la chauve-souris, où une branche de ramification se divise à son tour en deux rameaux, dont l’un est en continuité avec un canal intermédiaire et une anse de Uenle. Malheureusement dans la préparation l’endroit de la bifurcation est croisé par un tube non représenté dans la figure et qui masque un peu la continuité. Cette préparation ne donne donc pas une démonstration suffisante. Quoi qu'il en soit, il me semble résulter de l’étude des figures des pl.. III et IV, la continuité de toutes les parties représentées est évidente. Elles montrent : 1° le canal de Bellini ramifié aboutissant aux canaux intermédiaires; 2° ceux-ci en continuité avec la branche large de l’anse de Uenle; 3° le tube droit, le canal intermédiaire et la branche large de l’anse en continuité; 4° les anses composées d’une partie large et d’une partie rétrécie; 5° le canal intermédiaire en continuité avec l’anse; 6° la branche étroite en continuité avec le tube contourné; 7° le canal contourné en continuité avec le canal filiforme et le commencement de la branche large de l’anse.

Les préparations provenant de l’enfant sont moins concluantes. Elles démontrent: i° le tube droit ramifié aboutissant ou canal intermédiaire; 2° celui-ci en continuité avec le tube de l’anse; 3° la branche étroite en continuité avec le tube contourné.

Enfin une dernière preuve de la continuité des canalicules

de la papille jusqu’aux glomérules est fournie par l’anatomie comparée. Chez les batraciens, la chose est démontrée par les injections et l’isolement.

La continuité des tubes droits et des tubes contournés est donc hors de doute, et depuis la papille jusqu’au glomérule il n’y a qu'un canalicule, mais un canalicule très-complexe et par son trajet et par sa structure. En effet, il naît du glomérule et forme d’abord le canal contourné, canal large à épithélium polyédrique développé. Le canal contourné aboutit cà un tube très-étroit, qui descend plus ou moins dans la moelle et forme l’anse de Ilenle. La branche ascendante s’élargit de nouveau , plus ou moins, reprend un épithélium granulé et mène au canal de communication ou canal intermédiaire. Enfin celui-ci se réunit avec plusieurs autres semblables pour former un tube de Bellini , à épithélium moins granuleux et tendant à devenir cylindrique. Les tubes de Bellini se jettent les uns dans les autres et s’ouvrent sur la papille. Cette disposition est admise par Schweigger-Seidel , Roth et Kôlliker.

Dans ce long trajet on reconnaît chez certains animaux et chez l’enfant deux parties: 1° le tube contourné avec épithélium polyédrique; la partie large de l’anse, où l’épithélium peut être développé et ressembler à celui des tubes contournés; le canal de communication, et 2° le tube de Bellini, où l’épithélium est pavimenteux dans la moitié supérieure, plus développé de nouveau dans la moitié inférieure. Ces deux récrions dif-

fèrent non-seulement par leur structure, mais encore par leurs propriétés chimiques. Il suffit pour le prouver de rappeler l’action bien différente de la potasse et de l’acide chlorhydrique sur les diverses portions du canalicule urinifère.

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