‹ Essai sur la structure microscopique du reinChapitre 9 sur 31 · VAISSEAUX SANGUINS MÉDULLAIRES · texte numérisé non relu

VAISSEAUX SANGUINS MÉDULLAIRES

1° Artères droites.

Le sang arrive dans la substance médullaire par les vaisseaux droits artériels {arteriolœ récite), groupes de vaisseaux rectilignes et parallèles caractérisant la couche médullaire limite de Ilenle. La nature des vasa recta a été longtemps discutée. Trois

origines différentes leur furent successivement attribuées et reconnues.

1° Les vasa recta sont des vaisseaux artériels proprement dits. Ils proviennent directement de la voûte artérielle du rein (Donders, Beale, Luschka, Golberg, Chrzonszczewski). Arnold les fait provenir des artères interlobulaires.

2° Les vasa recta sont des vasa efferentia provenant des glomé rules du voisinage de la moelle (Bowman, Kôlliker, Ludwig, Gerlacb, Stein). Chez l’homme, Kôlliker voit toujours les glornérules s’injecter avant les vaisseaux droits. Ludwig constate le même fait chez le porc et le cheval; les vaisseaux droits ne sont jamais injectés sans les glomérules. Stein examine '127 reins injectés et conclut que toutes les artérioles droites proviennent de glomérules. Il cite l’expérience suivante à l’appui de ce qu’il avance. En injectant par l’artère d’abord une masse rouge, puis une masse bleue, on voit les capillaires et les vaisseaux droits se remplir de rouge, tandis que les glomérules seuls se colorent en bleu. Cette expérience né démontre malheureusement pas l’assertion de l’auteur.

3°Leswm recta proviennent des capillaires corticaux (Henle, Kollmann, Hyrtl, Iluschke) et forment de petites veines portes placées entre le réseau cortical elle réseau médullaire. En effet, dit llcnle, quand dans une injection de canalicules il se fait une rupture et une injection des capillaires corticaux, les vaisseaux droits se remplissent. Ilyrtl affirme que les vaisseaux droits ne sont jamais injectés sans les capillaires corticaux; de plus il considère la plupart des vaisseaux droits comme des veines. On en remplit, dit-il , un grand nombre par une injection veineuse. Quand on injecte artère et veine, la plupart montrent la couleur de l’injection veineuse.

Parmi les différents auteurs qui ont traité la question , les uns admettent que tous les vaisseaux artériels droits pro-

viennent d’une seule et meme source ; d’autres en reconnaissent plusieurs. Virchow déclare que les uns sont des artérioles, les autres des vasa efferenlia , les troisièmes enfin des troncs résultant de la réunion des capillaires corticaux. Schweigger-Seidel admet aussi trois espèces d’artérioles droites.

Les artérioles droites naissant directement des artères sont les plus difficiles à démontrer, et cependant elles doivent exister. En effet, par la dissection attentive du système artériel injecté d’un rein, on reconnaît que la substance médullaire reçoit des branches artérielles spéciales. D’autre part, sur des reins où les glomérules sont peu injectés, où les capillaires corticaux ne le sont pas du tout, il peut arriver que les vaisseaux droits soient injectés en grand nombre.

Les vasa recta formés par les vasa efferentia des glomérules placés sur la limite de la substance médullaire se constatent très-facilement (pi. VII, fig. XV).

. Enfin, par l’examen des reins où l’injection a rempli le réseau cortical, il est aisé de trouver des vaisseaux droits émergeant de ce réseau.

Les trois espèces de vaisseaux droits existent donc.

2° Capillaires médullaires.

Les vasa recta se divisent en un pinceau de branches qui descendent dans les pyramides et fournissent un réseau capillaire à mailles allongées, analogue à celui des rayons médullaires. Ce réseau se continue sans interruption avec les capillaires corticaux (Virchow, Henle, Kôlliker). Slein essaya de démontrer que les tubes de Bellini sont entourés de capillaires provenant des arteriolæ rectic ; les tubes de Henle, au contraire, de capillaires de caractère veineux. Vers la papille, le réseau devient plus serré et ses mailles polyédriques.

3° Veines médullaires.

Du réseau capillaire médullaire naissent les veines droites (pl. VII, fig. XVI), rameaux veineux marchant parallèlement aux artères droites; elles se réunissent aux veines corticales pour former les arcades veineuses des reins. Vers la papille on remarque souvent qu’une artère droite se continue directement avec une veine droite. Il en résulte des anses vasculaires, avec lesquelles certains auteurs ont confondu les anses de Ilenle. Enfin, les capillaires de la papille donnent de petites veinules qui se jettent dans les veines des calices rénaux.

En résumé, nous voyons que le sang de l’artère rénale arrive rapidement dans les glomérules. Dans ces diverliculums, que M. Küss compare à des lacs, le cours du sang se ralentit, mais reste soumis à la pression artérielle. En sortant du glomérule, le sang pénètre dans de nombreux capillaires. D’une part, son cours se ralentit encore; d’autre part, sa pression est moindre. Enfin il est repris par les veines.

Dans la substance médullaire la marche du sang est beaucoup plus simple. Le liquide arrive par les artères droites et revient par les veines correspondantes.

Stein, comme nous l’avons vu, distingue deux systèmes vasculaires. L’un, plus spécialement artériel et comprenant les capillaires des rayons médullaires et de la moelle, constitue pour lui un système nutritif; l’autre, formé par le réseau des tubes contournés, est au contraire un système sécréteur.

Enfin Chrzonszczewski décrit sous le nom d & système de circulation collatérale des artérioles passant directement du parenchyme cortical dans les enveloppes du rein sans présenter de glomérules sur leur trajet.

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