LXXII INTRODUCTION A LA SYMBOLIQUE DU DROIT
ses, dans le parftim qui s'exhale de la pensée ou du sentiment que Fessence de la poésie réside. Si l'expression toute seule la constituait, l'homme qui, dans son orgueil, croit avoir fait sa langue, pourrait se flatter d'être, pour ainsi dire, le créateur de la poésie. Mais l'homme ne crée rien, il produit. Il manifeste ce qu'il sent, ce qu'il voit, ce qu'il pense ; il invente, il applique, il trouve ; mais il ne trouve que ce qui déjà existe, soit dans la nature, soit en lui-même, dans son organisation intime, au fond de son être (1). Dieu seul fait la poésie, comme il fait
(i) Delà, notre expression troubadour, trouvère ^ qui a son analogue dans raliemand Finder, trouveur, pour dire Poète, Grimm, après avoir indiqué ce rapprochement, ajoute que le poète est créateur^ comme le désigne le noiiirinç des gTecs{Poesie ini Recht^ § 5}. Mais irotïïTîîç (faiseur ^ compositeur, artisan, auteur J, ne rend pas plus le sens de trouvère que celui de créateur^ quoiqu'il soit pris quelqucfoisavec cetteacceplion, dans le seusiVauteur^fabrlcateur. « Poème, a dit avec raison Racine le fils, c'est-à-dire, l'ouvrage par « excellence, et celui qui le compose s*appelle Poète ^ nom qui ne # signifie pas créateur ou itwerUeur de fictions, mais seulement < ouvrier y comme si Ton voulait dire le parfait ouvrier, celui dont « les ouvrages sont uniques et admirables ». Essence de la poésie (fnsc. et bel. /«/., Vf, 262). — « Vœuvre, Troijjpa, dit l'abbé Fraguier ; « et l'auteur d'une imitation si admirable on l'a nommé, comme par € excellence, Vouvrier, ironoriiç ». Diss. sur les poèmes en prose finsc. etbeLlet,, id., 267). Vico dit bien quelque part que Poète^ en grec et en général, signifie créateur; mais il à soin d'expliquer qu'il n'entend par ce mot qu'une création imaginaire e^ non réelle (lib. H, Metqfisica poelica). Il révèle même encore ailleurs sa pensée, lorsqu'il dit expressément que la poésie n'est qu'une imitation (lib. I, Degnita^ 52; — lib. II, UlHmi coroL^ n. 5). M. Cousin a dit aussi que le génie crée « et n'imite pas », mais il s'est hâté d'igouter, « que sans doute, en un sens, l'art est une imitation, car la création c absolue n'*appartient qu'à Dieu ». Du beau et de Part (Revue des Denx-MondeSy {''^ sept. 1845, p. 795). Dans les langues tudesques,
FOtiSm BU DROIT PRIMITIF. LXXm
toutes choses, et il la répand dans les spectacles de la nature, aussi bien que dans le cœur et dans rimagination humaine. L'homme, interprète de Dieu y mais non son rival, exprime, à sa manière, la poésie échappée du sein de la divinité, que la nature exprime aussi à la sienne ; et l'homme, simple imitateur de Dieu et de la nature, transporte cette poésie dans sa parole et dans les choses qu'il établit.
C'est cette poésie réelle, la poésie des choses, plutôt que celle des mots, cette poésie primitive qui, donnée par l'idée elle-même, s'épanouit dans les institutions, ou étincèle à travers les dispositions con-stitutives du droit, qu'il s'agit à présent de demander à la science.
On a vu lancien culte de la nature et des éléments se reproduire, à l'insu des agents forestiers, avec une saisissante et transparente vérité, à travers les expressions, dont ils se servent, pour constater la coupe ou l'abattage des arbres. Nous sommes ici sur le terrain du grossier panthéisme du monde primitif. Â cette époque, en effet, les croyances religieuses sont toutes plus ou moins panthéistiques. Nous allons voir ce panthéisme s'infiltrer, avec plus ou moins d'intensité, dans les institutions, dans les dispositions juridiques, et les animer des plus naïves couleui*s de la poésie.
Finder signifie également fnge, juriste et poétey fMtrce que les juges des anciens jours trouYent le droit , comme les poètes trouvent la poésie. Cf. Grimm, loc. cU.j Michelel, HM, de Fr., V, p. 334, note 2; origines, Introd,, lxxii.
LXXIY INTRODUCnOlf A Lk SYMBOLIQUE DU DROIT.
A cette époque du monde > Dieu vit et se révèle dans toutes les formes et dans tous les êtres. Tout, jusqu'aux plantes , jusqu'aux pierres elles-mêmes, est peuplé d'esprits merveilleux, issus d'une céleste origine. De là , l'adoration de tous les corps de la nature en général, et spécialement de la terre, des pierres, des arbres, de la mer et des fleuves, qu'on trouve chez presque tous les anciens peuples. La mythologie grecque personnifie aussi la mer, les fleuves, les montagnes, les forêts et les prairies; elle fait de la nature matérielle le fond de ses dieux à forme humaine. Mais , à la difiërence de quelques autares mythologies, l'élément humain domine le sens physique dans ces représentations extérieures (1).
Quelle que soit la superstition de l'antiquité grecque, romaine ou parsique pour les forêts et pour les arbres, elle est loin d'égaler, à cet égard, le culte grossier et l'attachement tout matériel de la race gauloise et de tous les membres de la grande famille teutonique. Odin et les Druides, ces premiers civilisateurs des Scandinavesi des Galls et des Germains, ne peuvent pas plus déraciner les habitudes invétérées de ces peuples pour le culte des arbres, que pour celui des pierres et des fontaines (2). Afin de
(i) Cf. Hegel, Esthétique, trad. fr. de H. Bénard, t. H, p. 68.
(2) A Lucos ac nemora consecranl, » dit Tacite en parlanl des Germains ( De mor. Germ., cap. ix ). En parlant des Sennonais, il dit : < Stato tempore in silyam^ auguriis patrum et priscâ forinidine sacram... coeunl t {id,t cap. xxxix). Le nom même des 6?a/fo indique leur prédilection pour les forêts; Galls y habitants des bois» Gaely GuUhy forêt, terre inculte. — Gh. Giraud, Reeh. hist, sur les coût, de Bretagne^ % 1 ; Rev» de législ. de Jf^ohwski , t. XVIT
FOtelB BU DIOIT PRimTIF. ULXT
86 conformer à cette tendance, la cosmogonie odinique admet deux branches d'arbre, oomitae ori« giii^ du genre humain. Les dieux, passant sur le rivage de la mer, aperçoivent deux rameaux flot* tants ; ils les ramassent, et en font Thomme et la femme.
Les Druides chatouillent agréablement le superstitieux fétidiisme des Galls, qu'ils viennent instruire^ lorsqu'ils consa(»*ent, comme l'objet d'un culte, le guiy qu'ils cueillent avec une serpe d*or. C'est avec des rameaux de divers arbres, assez analogues aux caractères runiques, qu'ils composent leur alphabet «eeret. On trouve encore aujourd'hui, dans le pays de Galles, des pierres druidiques couvertes de cise*^ lures diverses, et portant, entre autres, certains signes qui semblent représenter des arbres entrelacés, hiéroglyphes inintelligibles sans doute, mais qui ont un regard incontestable sur l'ancien .culte des arbres.
Ce culte, saint Boni&ce, Fapôtre de T Allemagne, le trouve établi au huitième' siècle chez les Hessois; Anschaire, l'apdtre du Nord, chez les Scandinaves ; Charlemagne, chez les Saxons. Dans la Gaule chrétienne des cinquième, sixième et septième siècles,
(I de la 5* sér.), p. 304. Soas la période romaine, la population aN moricaine, paafie et indépendante, Tivait dans les forêts {Ibid.y % 2, p. 3i2). — Sur ce culte des arbres, chez les Germains, les Scandinayes et les Galls, Voy, A{çathias, 1. 1 ; — Procope , Bel, goth.^ 1. H, cap. XV ; — Dupuis, Orig, des cultes , L. I , chap. ii , lom. I , p. 24 , édit. in4«; — MIchelet, Hist. de Fr., t. I, p. « et 4!», sur les pierres celtiques^ aux éclaircissements de la fin du volume.
LxxTi nrrtODUCTioif a l4 stmboliqck du bhoit.
malgré la conversion déjà fort ancienne des Galls, ei celle plus récente, mais non moins sincère, des Francs, malgré le véritable attachement des deux peuples pour TEglise catholique, des conciles sont obligés de défendre le culte des pierres, des arbres et des fontaines. Du temps de Grégoire de Tours , les peuples du Gévaudan rendent hommage à un lac situé sur le mont Hélanus. Une multitude de paysans s'assemble, chaque année, pendant trois jours, sur les bords du lac ; ils lui offrent du pain, de la cire» des étoffes, qu'ils jettent dans ses eaux (.1 ) . Au onzième siècle même, Canut, roi d'Angleterre, est encore obligé de proscrire, dans ses Etats, le culte qu'on rendait au soleil, à la lune, au feu, à l'eau courante, aux fontaines, aux forêts, aux pierres même, tant fut profonde la sympathie de toutes ces races pour Tadoralion de la nature matérielle.
Les légendes chrétiennes elles-mêmes s'associent à ces croyances. Qui n'a oui conter, en effet, que les arbres d'une forêt, traversée un jour par le Christ, s'inclinèrent presque tous pour rendre hommage à sa divinité? Voulez-vous savoir pourquoi le peuplier frémit sans cesse et tremble au moindre vent ? Seul de tous les arbres de cette pieuse forêt, il est resté debout sans abaisser sa tête superbe, et le Christ lui a dit : Tu as refusé de te courber devant moi, mais
(i) Dupuis , Orig, des cultes , 1. 1, 1. 1 , chap. ii , p. 22. On assure même que, dans noire Bretagne, le respect des lacs et des fontaines s'est encore conservé, de telle sorte que, dans quelques lieux, les habitants y apportent h certain jour du beurre et du pain.
POÉStB ]>1J 0IO1T PMIMiTIF. UULVU
tu le courberas incessamment à la brise du soir et au vent du matin*
A l'origine du monde, aussi bien que dans nos jours de civilisation, les bois exhalent comme une sorte de magie mystérieuse et secrète, qui inspire UD religieux respect, une sainte ferveur à tous. C'est une émanation des croyances panthéistiques des temps primitife.
On comprend sans peine, à présent, ces superstitions du moyen âge catholique qui peuplent les forêts d'esprits, de fées et de merveilles, les hom* mages de Jeanne d'Arc à cet arbre des fées qu'elle consulte pendant les rêveries de son enfance, et, pour rentrer dans le droit, ces expressions de l'agent forestier, qui considère un arbre comme un corps humain, rendant son sang par les incisions qu'on lui a faites, qui en parle comme d'un être sensible à la souffrance et accessible au déshonneur. On comprend tout aussi bien l'usage de ces nombreux symboles pris dans la nature végétale, empruntés surtout aux arbres, à leurs branches, à leurs rameaux, transportés par les Germains et acceptés avec empressement par la race gallo-romaine dans le domaine du droit, ainsi que dans les coutumes de la vie civile». Après ce regard jeté sur les croyances primitives, on sent mieux également tout ce qu'il y a de poétique et de touchant dans cette habitude des anciens Germains et des Galls de s'assembler près d'un arbre (1) ; on comprend la coutume des Allemands du moyen âge, qui tenaient leurs conférences politiques
(1) Dupuis, Orig. det cuitesy 1. 1, cliap. m, l. 1, p. 43, ia-4^
ULXVOI nmODUCTlON A LA 8VUK>UQini DU DROIT.
et judiciaires dans Tintérieurde la forêt (i), qui désignaient par la même appellation une forêt ou une assemblée publique. Aller au plaid, au parlement ou à la forêt, c'était, pour les hommes de ce temps et de ces pays, une seule et même idée, une seule et même chose (8). De là, le juge de cette époque plaçant pieusement son prétoire au pied de Tarbre sacré , sous les tilleuls, sous l'orme, auprès de l'aubépine en fleur (3), coutume consacrée par la religion des souyenirs (4). Les chênes séculaires de la forêt de Vincennes ne sont pas les seuls qui aient abrité la justice sons leur ombre (5) •
(1) c Feci conventum fieri in foreste vierbeche, sub prsesenlià Ruggeri comiiis, Ibique ilerum juravit (Sigebodus) cum XII su» eonditionis hominibus, etc. > (Wenk., Hê$9, Gesch.y H, n. 7, an. i073, ap. Grimm, Dwt. HechstaU. , 794); — c Pnesidente Erf. comité in foresto vierbecba ad hujus rei judicium > (/6td., U, n. 41 , an. 1095; Grimm, id,). — « In placito qiiod fuit in silva, quœ dicilur Yorstprope civitatem Gasle » (Kopp, n. SS5, an. 1294; Grimm, id.).
(%) Forst (fortMtfum) et PiacUamy eonoerUus, générale coftciliumy étaient synonymes (Grimm, JLoc. cU.).
(3) Sous les trois, les cinq, les sept cbénes; sous les tilleuls, sous les sept tilleuls; sous le sureau; sous le poirier; sous le bêlre de fer; sous l'orme, dans le baillage de Remiremont; le tribunal de Taubépine. — Cf. Grimm, 795-797 et Michelet, Orig., 30i, 302.
(4)Unter geheiliglen beeumen, dit Diimge, Sytnbolik der germ. Vôlker in einigen Rechtsgewohn^ 50.
(5) c Maintefois, dit Joinville, ay veu le bon saint (Louis IX), après qu'il airoit ouï messe en esté, il se alloit esbaltre au bois de Vincennés, et se seoit au piè d'un cbesne< et nous foisoit seoir tous emprès luy : et tous ceulx qui avoient aflaire à luy venoient k luy parler, sans ce que aulcun huissier ne aullre lui donnast empeschement , et demandoit haultement de sa bouche , s'il y aVoit nul qui eust partie... » {HUL de saM Louis, p. 12 et 13, édit. in-f> Ducange, 1668).
FOASIS DU DAOIT PHUUTIF. LXUX
Les rochers et les pierres, ces fétiches des anciens Celtes et de tons les peuples du Nord, adoptés par les Druides danç leurs sacrifices, par Odin, dans certains usages de son culte, se maintiennent longtemps, comme objets dignes de respect, dans la mémoire et dans les habitudes de la plupart des peuples (1), sans excepter les Mhéniens eux-mêmes. Cest auprès d'une /lierre située sur la place publique, que les Thesmothètes et les Athéniens viennent pré-* ter serment (2). Mais chez les peuples de race teutonique, ces habitudes sont plus marquées encore et ont un caractère plus poétique. Les rochers servent de siège au chef Scandinave qui vient d'être élu, au juge du Nord, qui prononce la sentence, et aux électeurs d'ÂUemagiie qui viennent, jusqu'au seizième siècle, du haut de leur dur fauteuil de pierre, pro« clamer en plein air et jeter aux vents, aux nuages et au peuple le nom de l'empereur qu'ils ont choisi , cérémonies solennelles qui s'harmonisent merveilleusement avec la rude nature de ces hommes de granit, avec la barbarie épique de ces siècles de fer.
Le culte pour les fontaines, pour les lacs, pour la mer et pour les fleuves, est l'origine de ces jugements rendus, pendant le moyen âge, sur le bord des fleu**
(1) On trouve en France de nombreuses traces de ce culte des pierres , non -seulement dans les traditions , mais encore dans les noms de diverses localités, dans toutes les parties du royaume, dans le Gévaudan, le Languedoc, la ProTence, la Lorraine, le Limousin, la Normandie, etc. , tels que Pierre-Feu, Pierre- Fiche , Pierre- Figues, Pierre-Fittey etc.
(2) Plularque , in vitaSolonàs; J. Meursius, ÀttiCt fect., lib. I , cap. VI.
LxxxH nmoBUcnoN k la smBOUQVB bu droit.
Dans cette adoration du monde primitif en F honneur de la nature matérielle, les animaux jouent le rôle le plus élevé. C'est de Tlnde encore que viennent et ce respect religieux et cette charité pour les animaux, qui sont au nombre des causes premières du culte antique, dont ils forent presque généralement Tobjet. Partout où respire la vie universelle, Thomme est tenu de la respecter. Par pitié pour les papillons, il s'interdit d'allumer la lampe. Par compassion pour . l'agneau qu'on va égorger, prenez ce manteau, et qu'il serve à le racheter de la boucherie (1). Le panth^ame ne peut se manifester d'une manière plus louchante et plus enfantine. Cette charité de Thomme envers les animaux éclate dans les livres des Hébreux • Le repos du septième jour, Dieu Y ordonne aussi en faveur des animaux domestiques, afin qu ils prennent un peu de relâche (2). N'y a-t-il pas, en effet ^ entre les animaux et l'espèce humaine, une sorte de communauté de destinée, à laquelle ils ont été réservés, formés comme elle d'un grossier limon (3) , nommés par l'homme (4), condamnés qu'ils furent avec lui et soilmis à partager ensemble, pour l'alléger peut-être, le lourd ferdeau du mal (5) 7
(i) Ce trait, bien digne des Hindous, est de saint François d'Assises, ce moine inspiré de l'amour de Dieu, qui, par ses austérités, a tant de rapports avec lesfaquirs de Tlnde. Un autre jour, il sauve un lièvre poursuivi par des chasseurs. H prêche les animaux, auxquels il donne le nom de frères, et les bénit, comme on fait d'ailleurs encore à Naples aujourd'hui. — Cf. Michelet, Hist. deFr., H, f(39, 655.
(2) Exodey XXIII, if.
(5) Gen.f ii , 19.
(i) id., i9, «0.
(5) Ballanche, Palingénésiey Prolég., Ill<' part.
POtSn DU BEOIT rUMlTIF. LXXini
Un motif moins pur, plus intéressé, tel que la crainte de certains dangers, ou Tespérance de certains services de la part de quelques espèces utiles ou malfeisantes, dicte quelquefois les hommages adressés aux animaux. Ces hommages ont alors pour cause Téloignement d'une influence fiineste ou Texpression d*une pieuse reconnaissance.
Une origine plus naive, et en même temps plus philosophique, se tnanifeste assez souvent dans cette adoration. En voyant dans les animaux ces mouvements réguliers, uniformes, nécessaires, qui les distinguent, l'homme des premiers âges est porté à ado* rer, en eux, les saintes lois de la nature. Dans la forme extérieure de Torganisme vivant, il contemple un principe intérieur qui anime les êtres, il admire la vie comme puissance supérieure à Texistence matérielle. Cette force mystérieuse, aveugle, stupide, qui se manifeste dans la vie animale, lui révèle le principe divin qui semble apparaître comme présent dans ces êtres. Les prêtres, avec une pensée plus élevée , plus générale, y voient le secret de Fexistence qui s'ignore elle-même, et d'où résulte un état d'innocence et de calme, qui est l'attribut des animaux et que repousse, dans tous les temps, le principe de la liberté humaine, cette lutte perpétuelle de l'esprit avec la partie matérielle de la nature de l'homme (1).
Les oiseaux qui habitent les régions de Tair, qui se posent sur les cimes les plus élevées des montagnes, prennent, dans ce voisinage du ciel, je ne sais quoi
(I) Greozer, Syrnb.y Irad. fr., 1. III , ch. ix.