POÉSIE DU DROIT PIDHTIP. LXXI
toutes ces belles réminiscences poétiques. Ils sont loin de se douter aussi qu'ils ressuscitent, dans le cadre aride d'un procès- verbal j udiciaire ou d'une disposition législative, cette époque primitive du genre humain, où l'imagination animait tous les objets de la création, et leur donnait, comme à T homme lui-même, le sentiment et la pensée. Il n'est pas moins vrai cependant que ces expressions en sont un saisissant reflet.
Arrêtons-nous ici avant d'aborder un autre genre de poésie juridique, auquel nous touchons par cette exhumation des croyances primitives du monde antique, et reconnaissons, dans tous ces textes empruntés au droit de tant de peuples divei's, la preuve authentique, irrécusable de la rédaction poétique qui distingue, en tous lieux, le droit des premiers jours. Dans ces matériaux des temps passés, toujours si pieusement conservés et transmis, depuis l'enfance du monde, par l'âge présent au siècle qui suit, admirons aussi, dès maintenant, l'opiniâtre et énergique vitalité de l'élément historique dans la législation.
La poésie ne-t^onsiste pas seulement dans la forme et dans ses embellissements. Elle peut bien être entièrement là pour le vulgaire ; mais les esprits élevés la cherchent ailleurs encore, et demandent à la fleur autre chose que l'incarnat qui charme les yeux. Pour le penseur, pour le sage, c'est surtout dans les cho-