UT. I, CB. 1. OBJKT DB LÀ SYMBOLIQUE DU BBOIT
confus, les plus informes , ne saurait être assimilée au droit parrenu à l'âge iriril, tel que celui qui s'épanooit dans notre l^slation écrite ou dans les décisions de nos cours de justice régulièrement instituées. Quelles que soient les phases de son existence, le Droit, sans doute, a toujours son siège dans la nature de l'homme ; mais il prend, dans cet ouvrage, l'acception, sinon la plus haute , du moins la plus variée. Application pratique aux affaires de la vie civile', il ne se borne pas seulement aux choses de la jurisprudence. Manifestation de l'idée juridique 9 il n'est pas limité aux seules prescriptions de la loi écrite, qui n'est, comme les symboles, qu'un mode particulier de la langue du droit. Il embrasse tout ce qui , dans la vie des hommes et des peuples , soit quant au fond , soit quant à la forme , constitue un rapport obligatoire et tout ce qui exprime une idée juridique, quel que soit l'objet auquel s'appliquent ce rapport et cette idée , liberté , propriété, contrat civil ou politique , pouvoir, commandement, peine, redevance, paix, guerre, alliance ou mariage , si indécis d'ailleurs que soit ce rapport, si incertaine que soit cette idée, si confus et si obscurs, en un mot, que puissent être le rapport et l'idée.
La Religion et le Droit, mêlés ensemble, dans les premiers âges du monde , ont révélé leur enseignement au genre humain , à l'aide des mêmes fictions emblématiques. La connaissance des antiques symboles religieux est donc le point de départ de toute étude sérieuse des symboles juridiques. Toutefois, loin de confondre ces diverses natures de symboles, il faut , au contraire , en les comparant, les distinguer toujours exactement les uns des autres, car ils appartiennent à deux ordres d^ldées différents. Les uns régissent la vie religieuse, et les autres , la vie civile ou juridique.
Le plan de cet ouvrage est très-simple. V fnirodtu:iion
A ESSAI SUR Ul SIHBOLlQtX 01J DKOIT.
sur les caractères poétiques du droit primitif formet avec la Symbolique i un tout indivisible, dont elle ne pourrait être détachée sans nuire à rintelligence de ToaTrage. C'est là, en effet, qu'on doit aller chercher l'origine physiologique des symboles et un grand nombre de notions générales, sans lesquelles l'esprit du lecteur , pri^é des secours d'une utile préparation , serait exposé à errer à raventure dans l'étude des symboles juridiques. Indépendammentde cette Introduction^ la Sym&oltgtie proprement dite, se divise en deux livres , dont le premier comprend toute lapartie purement didactique, définition, caractères, classification, applications et explications diverses des symboles. J'ai réservé pour un second livre tontes les idées générales, autres que celles qui étaient nécessaires pour l'intelligence de la partie didactique de la science, et celles qui avaient naturellement leur place dans V Introduction. L'exposition technologique de l'ouvrage se trouve ainsi placée entre les idées philosophiques de Ylntroduction et les observations générales du second livre.
On a plus songé, jusqu'à présent, à découvrir des symboles juridiques qu'à les expliquer. On s'est plus étadiéà les expliquer qu'à les coordonner entré eux dans un système rationnel de classification. Ce sont des ruines d'un temps qui n'est plus, qu'on a pris plaisir à exhumer de leur sépulcre et qu'on s'est occupé à décrire avec intelligence, esprit et savoir , mais sans leur demander autre chose et sans vouloir en tirer une théorie générale et des principes didactiques. L'ouvrage a pour mission d'exposer les r^les et les principes » par lesquels se constitue, comme théorie scientifique, la Symbolique du Droit, qui, à ce point de vue, est une science tout à fait nouvelle. En ayant soin de mettre toujours l'exemple à côté du précepte, il est d'ailleurs facile de faire figurer , dans une théorie générale , un grand nombre de ces curieux emblèmes et