LIV. I, GH. 11'. CARACTÈRES BC StMBOli ' iURlDIQOB
et d^un gens qui soient simples, clairs, précis dans Torigine (1). Mais cela esterai pour le symbole considéré dans son acception la moins élevée. Quant au symbole juridique, qui se manifeste aux yeux éblouis des hommes et qui saisit instantanément l'esprit sous l'apparence d'un avertissement divin ou d'un présage céleste, il se laisse pénétrer aussi de cette teinte mystérieuse et sublime qui fait l'essence aussi bien que la force du symbole religieux A mesure qu'il vieillit et qu'on s'éloigne des temps primitifs, le symbole inférieur s'altère dans sa forme, son sens originel se perd, et, mêlé qu'il est depuis tant de siècles aux habitudes du peuple, confondu qu'il a été, dans les premiers âges, avec les vieilles pratiques religieuses, il acquiert, à ces divers titres, comme tout ce qui est ancien, une apparence pour ainsi dire fabuleuse, qui lui imprime dès lors, à ce seul titre, une sorte de caractère solennel et sacré. C'est ainsi qu'associé aux croyances ou aux' superstitions populaires, uni aux traditions mythologiques et lié au berceau de la nation, ce symbole, quelle que soit l'infériorité de sa condition, prend néanmoins une haute signification et revêt, lui aussi, un sens mystérieux, qui charme également le savant et l'homme du peuple (2).
Cette simplicité, dans le sens et dans la forme, qui distingue primitivement les symboles juridiques, n'existe qu'à la condition que ces symboles aient une origine et une application exclusivement civiles (3). Ceux d'entre eux qui se rattachent plus directement aux idées religieuses s'éloignent ordinairement de ce double caractère de simplicité. Alors, soit que le symbole appartienne à l'antique
(1) Reyscher, Symbolik des gennanischen RichU.^
(9) Cf. J. Grimm, Pomm im AmAI, § 10.
(8) Ce dernier moi est prUici par opposition aux a^mboleujifligieuR. U embi'asse le symbole civil proprement dit, aussi bien que le symbole Juridique, lequel est civil, reiativ0ipenta^.symbole.reli|peux.
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Gentilité, soit qa'il ait été adopté par TÉglise chrétienne qui affectionDe aussi les symboles, son sens est toujours profond , sa forme, presque toujours noble. Dans cette alliance plus intime avec la religion, le symbole juridique reçoit en même temps le reflet de ses grandeurs et rombre de ses mystères.
Indépendamment de son affiliation avec la Religion et le Droit, le symbole s'allie aussi aux Arts plastiques.
Lorsqu*il est entré dans le domaine public , TArt plastique , dont la mission est de chercher le beau , de le représenter dans une image sensible , et dont Timmuable problème est d'idéaliser le réel et de réaliser l'idéal , l'art arrive par degrés à une énergique et éloquente simplicité. Il doit la chercher et l'atteindre dans l'allégorie et le symbole. Hais cette qualité , dans l'art, est loin de ressembler à la simplicité vulgaire qui distingue ordinairement, comme on l'a vu, le sy mbole juridique d'un ordreinférieur. La simplicité de l'art est celle de la perfection, de l'idéal. Son caractère est aussi noble que sublime. Le Jupiter, emprunté par Phidias à Homère, en sera éternellement l'inimitable modèle (I). C'est en cela que le symbolisme dans l'Art diffère du symbolisme dans le Droit.
Arts figuratifset d'imitation, la Peinture et la Sculpture prennent ordinairement la forme de leurs allégories et de leurs emblèmes dans les formes du monde visible et dans les manifestations extérieures de la nature. C'est ce qui rend leur Symbolique intelligible et populaire ; car les emblèmes de Tart ne sont pas une chose d'érudition, destinée à un petit nombre d'esprits privilégiés. Au lieu de s'adresser seulement à l'aristocratie de la pensée , ils doivent se faire comprendre et se faire goûter immédiatement (2).
(i) Cr. Ee^el, BsthéHquê, t. I,p. SS, S4, 6«, 69, 70, 76, tl9, 906, delà trad.fr. de M. Bénard.
(t) Les représentatioftt de Fart ne sortent de cette sphère que lorsque
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Par suite de cet emprunt fait aox formes extérieures de la nature, la Symbolique de l'Art se confond presque toujours, par ses apparences extrinsèques, avec la Symbolique du Droit et avec celle de la Beligion. Dans chacune de ces trois grandes phases de son existence, le symbole réel prend 9 en effet, sa forme dans la nature inorganique ou vivante ; il l'emprunte aux objets créés par l'industrie hamaine, comme à ceux qui sont le produit spontané de la terre. Dans la Beligion et le Droit , ainsi que dans la Peintureet la Sculpture, le symbolese présente couronnéde feuillage ou paré d'une ceinture , le front ceint de fleure oa portant dans sa main, à ses côtés , une elef^ une 6aguette , une épie. H se montre aux regards des hommes sous la figure d'un noble cheval hlanc ou sous la forme d'un bruyant moloseej sous l'édatant plumage d'un coq ou sous les écailles d'un reptile.
Les mêmes signes physiques sont presque toujours communs aux symboles du Droit , de la Beligion et de l'Art ; mais c'est tantôt avec un sens égal ou analogue , tantôt avec une signification différente. Pendant le moyen âge, le rameau est un symbole très-usité pour représenter la propriété foncière, tandis que, chez les Grecs, il se rattache surtout aux croyances religieuses , sans aucun rapport a^ec l'idée de la propriété civile. Mais la Religion , le Droit et l'Art admettent également la clef comme un symbole de commandement, de surveillance. Le Dieu Janus , chez les Romains, chez les Chrétiens l'apôtre saint Pierre, la Minerve de Phidias, chez
Tart cherche ses images ou ses sujets dans des croyances ou dans dea myihologies étrangères. Il en est ainsi de la sculpture moderne, quand elle veut figurer les anciennes divinités du paganisme. Ses représentations ne sont pour lors accessibles qu*à un petit nombre d'esprits cultivés, de connaisseurs et d'érudits. Mais il en fut auuement de la sculpture de raatiquité, parce que les artistes recevaient leurs sujets de la religion populaire.