LIV. 1, CHAP.YIU.SYMB.PERS.; GESTE; ORGANE DE LÀ GÉNÉR., SEXE
i>- les témoins et nos jurés, dans la prestation du serment ( I ) .
3^ Montesquieu remarque que le Sénat, qui avait fait tant de
i£ concessions à César, perdit patience un jour que César
iK. négligea de se lever pendant qu'on lui déférait certains
û honneurs (2).
Geste. — Voyez ci-devant aux pages 123 et 124, motAvetnent des sourcils^ de la bouche^ de la tête, des épaules, de la main.
I Organe de la génération; Sexe. — Hérodote dit que
* Sésostris, roi d'Egypte, roi conquérant, érigeait des coït lonnes dans les pays qu'il avait sonmis à sa domination. ^ Sur ces colonnes il faisait inscrire son nom en indiquant ti qu'il avait vaincu tel peuple. Lorsqu'il avait subjugué un
* pays sans livrer bataille, il faisait ajouter sur la colonne 8 les parties naturelles de la femme, emblème de la lâcheté i de ces peuples. Hérodote avait vu et remarqué cet emfe blême sur quelques-unes de ces colonnes (3). C'est sans
doute à ce passage que Yico fait allusion, lorsqu'il dit i que, dans les temps héroïques, ceux qui appartiennent à ^ la classe héroïque se considèrent exclusivement comme I des honimeSj regardant les plébéiens comme des femmes^ $ êtres faibles et débiles, qui deviennent ainsi, par leur i sexe^ l'emblème d'une classe sociale (4). Cette donnée est i acceptée par M. Ballanche, qui y voit l'explication des $ Ménades, des Amazones (5). Mais M. Ballanche va plus loin, les mulieres de la loi des Douze Tables, ces mulieres^ auxquelles la loi interdit de se déchirer le visage lorsqu'el-
1 W Voy, au chapitre XIV, sur la Symbolique des Codes français, Code d'inst. crim.
(2) Grandeur et décad. des Romains, ch. xu I (3) Hist., liv. II.
i (4) Plehei, ch'essi avevano lenuli perfemmine; a petto de' quali essi si ^ tenevano e si chiamavano viri. Scierusa nuova^ lib. V, Bicorso che fanno le naxioni.
(6) Palingénésie^ réflexions diverses, t. IV, p. 898, 894, édit. in-lS.
les vont auxfanérailles, il veat qu'elles soient an des plébéiens, qui allaient aux funérailles du patron ( I ) A ce titre, le mot mulier représente, non une femme, mais un individu frappé du caractère passif, ne faisant point partie de la cité, ne jouissant pas des droits civiques (2,. Pour corroborer encore sa conjecture, H. Ballanebf ajoute qu'il faut prendre dans le même sens le mot mulier de la loi qui défend aux femmes de boire du vin (terne* tum ) , le vin étant ici Temblème des droits civils, le rti civil, dénié aux profanes, interdit à celui qui n'est p» citoyen (3). C'est encore un passage d'Hérodote, quia pu suggérer cette dernière conjecture à M. Baliandie, lequel, d'ailleurs, n'indique aucune de ses sources. Les Scythes se réunissaient annuellement à un grand festÎR, où l'on servait du vin mêlé d'eau. Ceux qui avaient tué des ennemis buvaient de ce vin ; ceux qui n'avaient rien fait de semblable n'en goûtaient pas (4) . Le vin est id l'emblème du courage. Il est possible qu'il ait aussi joué un rôle symbolique dans les cérémonies de l'initiation des religions de la gentilité, comme il en remplit un trè»élevé dans les mystères de la religion chrétienne. Haè a-t-il été l'emblème du droit de cité chez les premien Bomains? Ce n'est que par l'effet d'une conjecture plus qu'aventureuse, que M. Ballanche a pu avancer une pareille assertion ; car les auteurs latins et les commentateurs parlent tous des mots mulier et temetum dans
(1)Moliere8 cenas (gênas) naraduntod neive leaom fonereis ercod babenlod. X, Set 4, ap. Giraud, ItilroducL hist., p. 4M.
(1) Ballanche, tom. V, p. 81, 54, 55, 56, 74 .—Sur cette théorie de II. B&llanche et de Vico, Cf. ci-après mon ch. xii, dans le passage relatif au costume comme signe symbolique.
(3) Tom. IV, p. 96S ; t. V, p. 55; t.VI, p.l61, 449. - Si cette conjeclure était vraie, ne pourrait-on pas y rattacher le vin, que, dans le moy en-âge, on offrait aux nouveaux échevins, aux autorités, au gouverneur de b province, et qui se conservait à la maison commune?
(4) Hist,, liv. IV.
UT. I, CBAP.TIII. STKB. 1*£R8.; OaGÀNBDBLA GfiNÉRATiOll, S£I£. 1^7
' leur sens naturel. Aucun, du moins à ma connaissance, r n'a donné à ces mots une signification symbolique. Il I en est de même du mot mulieres dans la cérémonie des I funérailles. Les anciens, il est Trai, expliquent, dans un r sens emblématique, la défense de se déchirer le visage. [ Cette coutume, d'après Yarron, est une image des sacri- > fices humains qui se consommaient primitivement sur la tombe des hommes puissants, où Ton immola d'abord des prisonniers, des esclaves, immolations remplacées ensuite par un combat de gladiateurs, et enfin, en dernier lieu, par des femmes qui venaient se déchirer les joues, qui en tiraient quelques gouttes de sang, pour payer ainsi la dette des dieux infernaux, ut sanguine oslenso in'feris satisfieret (1). Voilà la partie emblématique de la cérémonie ; mais rien n'indique que ce rôle fût rempli par des hommes, par des plébéiens et non par des femmes, mulieres. Les femmes ont pu être substituées, à l'époque de la loi des Douze Tables, aux captifs, aux esclaves des temps primitifs, comme les quelques gouttes de sang qu'elles tiraient de leurs visages avaient été substituées aux antiques immolations humaines; sous* ce rapport, les femmes, mulieres, pouvaient tenir la place des anciens captifs ; mais le mot n'a pas pour objet de figurer une classe d'hommes, plébéiens ou esclaves: tout indique que ce mot exprime naturellement des personnes du sexe féminin, qui assistaient réellement à la cérémonie, ou elles remplissaient le rôle dont il vient d'être parlé. Ce langage symbolique, cette figure tirée du sexe pour désigner une classe de personnes, me semble appartenir à une époque beaucoup plus primitive que celle où la loi des Douze-Tables fut écrite ; elle remonte à un temps où ie
(1) Voy, Rosinus, Antiq. rom., cum notU Demêteri^ lib. V, cap. xxxix, p. 480, Wlilib. VIII, p. 599, 601, 606; édit. in-(^. Lut$tiœ Parisior. — Cf. sur ce point ce que dit If. de llaistre, sur les sacrifices , ch. ii.
128 ISSSAI SUR LA SYMBOLIQUE DU DftOlT.
Droitne s'écriyait poiot encore ; etsicette expression avait été transmise aux Décemyirs par la tradition, comment admettre que les plébéiens» déjà puissants à l'époque de k loi des Douze-Tables, eussent permis qu'on les ootrageàt du nom de mulieres dans la loi même qu'ils venaient d*arracher à la mauvaise volonté du Patriciat?
Cœur. — Dans tous les temps et peut-être chez tons le peuples, le cœur a été considéré comme le symbole de Famour, de la conscience, de la vérité ; chez les nations modernes, il est, en outre, l'emblème de l'honnear. Les chrétiens font leurs dévotions au cœur de Marie, an sacré cens de Jésus, symboles d'amour et d'indulgence pour l'homine si sujet au péché. Autrefois, en France, les prêtres catholiques et les autres personnes engagées dans les ordres sacrés, au lieu de lever la main ou de la mettre sur l'Évangile pour prêter serment, comme le faisaient les laïcs, la plaçaient sur leur cœur (ad pectus) et juraient dans cette attitude (1) : « distinction belle et touchante, « dit M. Victor Hugo, qui veut dire que le cœur de tout « prêtre est un exemplaire de TÉvangile (2). » Aucune loi moderne n'ayant réglé la forme du serment prêté par les témoins, c'est souvent encore de cette manière que le prêtre catholique, appelé en témoignage, prête serment devant les tribunaux français.
Mais notre Gode d'instruction criminelle a consacré plus explicitement la forme symbolique du cœur. C'est la matn placée sur son comr^ que le chef du jury prononœle verdict, expression de l'honneur et de la conscience (3).
A l'époque du moyen âge on trouve, à Lyon» d'anciens contrats où deux amis s'adoptent l'un l'autre, mettant en
('•) Denisarl, v Serment.
(2) Le Rhin, II, 418.
(3) Goded'insiruclion criminelle, art. 348.— Voyea ci-api es ch. xrv, Symbolique du Code d*instruolion criminelle.
LIT. I, CHAP. TOI. SniBOLSS TBASONIIELS ; COBUR ; SANG. 129
commun lear fortune et leur yie. Après la rédaction du «wtrat) devenus ainsi frères adoptifs, ils s'envoyaient des chaptaux de fleurs et des ccmrs d'or (1).
Sang. — Le sang^ comme symbole parlé, est signe de haute justice (2) . C'est dans ce sens que la Coutume de Saint-Omer (art. 7 ) dit que les viscontiers ont le sahg et le lairon, est à savoir connoissance de meslée de débat fait à sang courant, et du larron pris en icelïe seigneurie, posé qu'il doive être pendu et étranglé (3). C'est aussi dans ce sens que la Coutume de Vienne (art. 5) dit que la connoiS' sance du saisg et du larron appartient au seigneur vicomtier. C'est dans ce sens, enfin, que, dans les anciens titres, avoir le duel judiciaire, c'était avoir le sang ou la haute justice (4).
Le sang est encore l'emblème de la parenté : frère de demi-sang t frère utérin (5).
Le sang est un symbole réel dans les serments d'amitié, d'alliance, dans la fraternité d'armes, où l'amitié, l'alliance étaient consacrées, chez les anciens Scandinaves, chez les Arabes, chez les Scythes, en mêlant ensemble le sang des contractants, qu'ils buvaient réciproquement (6). Ce symbole se lie à celui de la parenté. En buvant le sang l'un de l'autre, on devenait frère, parent du même sang.
Les Romains , au rapport d'Aulu-Gelle (7) , faisaient
(1) Michelet, Hist. de France, II, 89.
(2) Petit Glossaire du Droit français^ à la suite des Instilutes de Loysel, par MM. Dupin et Laboulaye, v* Sang.
(3) Lauriëre, Gîoss., vo Sang;L II, p. 345.
(4) Ibid.
(5) Petit glossaire de MM« Dupîn et Laboulaye, loc, cit.
(6) Salluste, Catilina; — Join^ille, Hist. de saint Louis, p. 94, édit. de Ducange ; — Ducange, îr Dissertation à la suite Je Joinville, p. 260, t61. — Duméril, Hist. de la poésie Scandinave, p. 126, note et p. 254 : — Marchangy, 6aiif« poétique, t. H, p. 228 et t. VI, p. 115, de la première édition.
(7) Liv. X, ch. VIII.
i50 BSSAI SUR LA STXBOUQUB 00 DROIT.
saigner les soldats qui avaient commis quelque faute. Le sang est ici le symbole de la force, principale qualité di soldat. C'était le dégrader, dit Montesquieu, quedeTaffaibUr(l).