CHAPITRE VI
GoncLusio» : l'esprit de la législatiou bt de
LA CIVILISATION EST PANS l'sSPEIT DBS SYMBOLES JURIDIQUES.
De ce que chaque peuple a un penchant général et une tendance particulière pour la symbolisation et de ce qu'il met dans les symboles quelque chose de son caractère et de son génie, on doit conclure que Texamen de la Sym- Mique d'une nation conduit à l'idée dominante de sa civilisation et à l'esprit de sa législation écrite (i). La connaissance approfondie et parfaite des symboles usités chez un peuple, l'appréciation de leur origine et Tétude de leur application judiciaire peuvent mettre assurément sur la voie qui conduit à la solution de ce problème, et doivent éclairer les investigations scientifiques d'une lumière souvent brillante, mais plus souvent peut-être incertaine et douteuse.
L'incertitude, qui frappe si fréquemment de stérilité les résultats d'une pareille investigation, a sa cause dans la difficulté de pouvoir discerner, avec précision, le symbole, né sur le sol, du symbole transporté par k» migrations des races étrangères. Gonunent reconnaître avec sûreté, .dans le symbole, la chaîne qui lie une nationalité
(i) Michelet, Oriffkm, Introd., p. lxxit.
Yiyante à une autre nationalité qai est éteinte? Et, panni les symboles réellement indigènes, est-il toujours possible de distinguer ee qui appartient à leur âge primitif et ce que le temps a enleyé ou ajouté à leur type origind? L'état actoel de la science symbolique, avec ses élânents encore incomplets, ne permet à cet égard que de simples conjectures.
La logique enseigne, sans contredit, que les symboles juridiques d'un peaple contiennent, en germe, l'idée de sa nationalité et Tesprit de sa législation. On peut , on doit même affirmer que la législation est toute entière dans les symboles. Hais on ne saurait dissimuler que l'application de cet axiome à tel peuple déterminé ne soit difficile et périlleuse au dernier point. On peut citer cependant quelques heureux exemples de cette application.
La forme du symbole juridique des anciens Germains, dans laquelle ils paraissent ayoir mis plus "particulièrement l'empreinte de leurs mœurs primitiyes, c'est, on Ta vu, le brin d'herbe, le rameau, la branche d*arbre, emblème agreste, signe rural, image des habitades religieuses, mais en même temps de la vie errante de la nation dans ces profondes forêts et dans ces vertes pnUries^ où les Germains vécurent si longtemps dispersés selon l'aventureuse liberté de leur génie. L'élément que les Germains ont introduit dans les sociétés medernes reproduit cette même image. C'est par eux que la civilisation moderne de l'Europe se trouve pénétrée à un si haut degré du sentiment de la grande valeur personnelle de l'homme, de son indépendance individuelle, sentiment inconiui au monde grec et au monde romain, où Ton ne trouve qoe la liberté du citoyen, qui s'abdique liii*mème au iM*ofit de l'État et de l'association politique (1). Le
(1) Il faut, dans cette appréciation, ne pas oublief de tenir compte