‹ Essai sur la symbolique du droitChapitre 79 sur 91 · ÉTTMOLOGIE DU MOT SYMBOLE · texte numérisé non relu

ÉTTMOLOGIE DU MOT SYMBOLE

L'étymologie de ce mot vient évidemment du verbe grec (rufA6àX).tcvy réunir, rassembler, racine du mot m^|A6oXov, dont le sens primitif et

cans par débat de tenemeotier. » An. 1434; Ordon. du Loav., t XIII, p. 9ûB.

(1) Dacange, loe. cit„ el to Bneantare, 111, 79. — Le met eneanuw n'est plus dans DOS lois. Mais il s'est conservé dans la langue des pralidens. Toutefois des lois modernes ont retenu la locuUon de vente à l'encan, Koy, rarrété du t7 nivôse an y qui se Papproprie et la loi du 17 (hermidor an VI, art. 6. Les lois qui sont plus réeenies ont remplacé cette dernière location par celle de vcnU à cri public, roy, loi du 96 Juin 1841, art. 1 et t.

(t) PaUn§énésie, t* partie, suite, § t, Prolégomènes de ta formule générale.

(S)/di4.^p.l77.

(4) Ibid.

(lÔ Cette note, dans sa première moitié, n'est, pour aiosi dire, qu'an résamé de

376 NOTBS, DÉTELOPPBMBNTS BT BXPUCATIONS.

IHdée la plos simple expriment une chose eompoêée de deux. Les Grecs désignaient sfMis ce nom certains gages donnés de part et d*autre » for- Blés des deax moitiés d^ne tablette brisée par deux personnes qui con« tractaient des liens d^hospitalité. Chacun des contractants gardait soigneusement ces symboles comme un gage de leur mutuel contrat Ces gages serraient aux hôtes à se reconnaître par la suite (1). Les Grecs^ donnaient encore ce nom de symboles aux traités d^iUiance qu'ils concluaient. Ils nommaient ainsi ces traités, parce que, probablement, dans ces occasions, ils échangeaient entre eux certains «yf7i(o(ef, afin de pou- Toir les représenter parla suite comme preuves de la convention (3). Le nom s'étendit peu à peu à tous les contrats et s^appliqua successivement à tous les objets qui, par suite du progrès des temps , furent substitués, pour sanctionner les conventions , au signe grossier des antiques alliances. Plus tard, il désigna toute espèce de gage, tout signe ou même tout mot de reconnaissance, ainsi que tout signal à la guerre (S). Le moyen-âge donna même à un cri de guerre le nom desymholum (4).

L^idée de^ym&ofose confond avec celle de signe^ marque^ dans le sens le plus général. Aussi elJfia, o^fMtov, ches les Grecs, et^^iim, chez les Latins, sont employés comme analogues (5). Tel est le sens le phiH simple et le plus naturel du mot symbole, ^

Dans une acception plus élevée, il se rattache b.ux signes ou avertissements divers, objet de Kinterprétation religieuse ou de la divination ; signes qui tombent sous les yeux, qui ont quelque chose d'imprévu, de soudain, comme la rencontre inattendue d'une personne , les éclairs ei autres météores semblables, le vol des oiseaux et tous les augures proprement dits. Ces présages, ces signes, ces avis pleins de mystère que la nature adressait à Thomme, on les appela ^m&o(e9. A ce titre, Torigine des symboles religieux vient du ciel ; car ce senties dieux qui donnent ces signes et qui en sont les premiers interprètes (6).

deux sartntes dimertatioDs de MM. GuigniaatelCreuzer, plaoéas à It suite da tome I*', s* partie, de la tradaction de l'ouvrage allemand de Greuier sur la SymboUque des religions de l'antiquité. Voyez la noie S du ch. u de I7ntrod./p. ISO et iulT., et note 4 du même chapitre, p. 043. On me pardonnera d'avoir fondu ^ dans ce rêtumé quelques obsenratiout ei citations qui me totat propres» et qui ne contrarient en aucune manière la ' pensée des deux savants philologues. Les citations, qui sont faites ou indiquées dans celte note J, n'appartiennent ni à M. Creuser ni à M. Guigniaut.

(0 RoVInflon, Jnt greeq,, t. lï, l. VIII, ch. xxi , p. Sd9 de la Irad. fr.| —Euripide, Me^., V. W$, (ij Robinson, Id., p. 14t.

(5) DiDf ce dernier sens, voy, Robfnson, id., p. t48.

• (4) Docntge , sur l'Histoire de ulnt Louis, xi« dissertation, Ducry larmes, p. i04.

(8) Goguetdit qu'en hébreu sehem signifie nuzr^iie, ^wa, aussi bien que nova, et il ajoute que c'est de ce mot hébreu ichtm que viennent les mets grecs «r?^, emitov. Ortgtne des Lots, Inirod., p. 3 à la note.

(6) FOy, ei-devant, introduction, p. ov; SymtotUfm, p. 10, 18, 10, 11, M.

MOTS J. — fiTTMOLOGlS DU MOT SmOLB. 577

Ces noms, avec leurs significations » passèrent dans le christianisme primitif. L^Église appelait symbolet ses dogmes principaux, ainsi que les sacrements, signes sensibles et gages visibles de rinvisiUe salut.

Signe, signe sensible, et, dans son application plus spéciale à la religion^ signe divin, telles sont les expressions de notre langue qui me paraissent représenter le plus exactement le sens général du mot sywMe oa son acception la plus élevée. Ima^e et /l^ure semblent à M. 6uigniaut beaucoup trop vagues et trop étendus. Le SimibUd allemand limage sensible) est plus déterminé; mais M. Creuser le trouve dépourvu de ce caractère auguste et profond qui s'attache au vrai symbole* Cette observation de Tilluslre professeur allemand, (pioique faite spécialement pour le symbole religieux, peut s'appliquer aussi au symbole juridique, dans son expression la phis tievée, qui le rapproche du signe divin et l'assimile à ces avertissements mystérieux donnés à rbomme par le ciel. Quant & cette nuance du symbole juridique, qui appartient à un ordre inférieur, le Sinnhild des Allemands pourrût lui GonTenir, comme servant à représenter YenMème, qui est seulement une acception inférieure du symbole (1). Le savant qui a le plus approfbndr et le mieux compris, parmi les philologues modernes, la nature et Fap- I^cationdu symbole juridique, M. Jacob Grimm, indique le vieux mot allemand Wahrzeichen, qui veut dirett^jn^, eommè rendant parfaitement le sens religieux 4u mot symbole (S). On peut voir, en effet, dans Is texte du second chapitre du premier livre de cet Essai, la raison qui doit faire préférer le vieux mot Wahrsuiehen à tout autre, comme exprimant mieux le eamctère solennel et presque mystérieux qui appartient souvent, jusqu'à un certain point, aux antiques symboles juridiques (8), M. Blase semble indiquer Gleichniss comme signifiant symbole : c Ût « vie, dit-Il, l'action humaine, la terre avec ses voluptés , n'est qu^un « symbole (ein GleielmUs), une image de la toute«puissance divine, de ramour« etc. (4). » Je n'examine pas si, comme synonyme de symbole, Gleichniss a un sens bien exact dans ses rapports avec Is^m/ystigue.M&iSf <)an8 le sens juridique, Gleiehmlss ne rendrait pas racceptioa du mot symbole ; car il ne signifie, à proprement parler, que parabole. Le mot allemand qui rend le mieux le sens général du moi symibole, ou son sens restreint, mais dans son acception la plus élevée, en ce qui concerne le Droit, c'est évidemment la vieille expression Wahrzekhen , comme plus conformée l'étymologie ancienne et à la signification la plus générale. Si, au lieu de Wahrxêichen, on voulait se servir d'un mot plus moderne, c'est 5Mii6tM qu'il faudrait dire, dans son application à l'emblème juridique.

(I) yoy, ci-devant page 13 llv, I, chapitre m, § i. (9) Deutsche MechtsalL, p. loe.

tS) yoy. d-detant pages lo, 13, 10, If, M, SM.

(4) Étude sur la mystique, à la soite de la traduction qae M. Blaie a donnée dli S« Faust (édiUCharpenUer).

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