DE L INDUSTRIE TEXTILE A DODAI
nage eût simplement pour but d'enlever aux étoiles, par un travail très léger et très superficiel, rap[)arence trop rase et trop lisse qu'avait pu leur donner le tondage. Seulement, s'il n'est pas douteux que ce fussent là deux opérations distinctes, on ne saurait au contraire préciser s'il en existait une troisième nommée l'appareillage. Elle n'est jamais définie, et on semble tantôt la séparer du tondage, tantôt ne pas l'en distinguer. Il est nécessaire, observe-t-on uniquement, « d'appareiller » le drap pour « vestir » ou pour « vendre », ce qui permet de supposer qu'on accomplissait ainsi une nouvelle et dernière revision marchande de l'étoffe avant qu'elle ne devînt proprement un objet de commerce. Et, en effet, tondage ou appareillage était plutôt une manipulation commerciale (ju'industrielle ; la préparation d'un drap s'arrêtait ou tout au moins pouvait s'arrêter auparavant, et ce n'est, semble-t-il, que lorsque le tissu était acheté qu'on lui donnait une dernière façon par laquelle il pouvait être aussitôt utilisé comme partie de l'habillement.
Peut-être enfin l'appareillage n'était-il autre chose que le « catissage » . Cette expression ellemême ne se rencontre d'ailleurs pas à Douai ; mais l'opération à laquelle elle correspond existe sans aucun doute, bien que nous n'ayons à son sujet qu'une unique indication de 1381 . Elle s'exécutait aussi chez le marchand drapier ou chez le tondeur. L'un et l'autre devaient d'abord, sur la
« taule ploioire », plier les étoffes, et dans des conditions exactement déterminées selon chaciue genre ou chaque espèce. C'était certainement ensuite au lustrage que servaient des instrumenls tels que « une presse à vis, des grandes aissielles et des aisselettes », la presse ne pouvant (lu'ètre employée pour serrer les étoffes placées entre des planchettes ou de simples lattes. Mais le détail de la manipulation nous reste inconnu.
On sait que si les étoffes n'avaient pas été teintes en laines ou en filet, et si elles devaient passer par la teinture, celle-ci devait s'exécuter après le tondage probablement et certainement avant le catissage : l'opération de coloration aurait sans doute détruit cette dernière.
Toutes ces manipulations terminées, il était nécessaire que les tissus, « c|uand ils seront vendus au marcant », eussent à « l'estaiere de le vile tant d'aunes de sec » de long. On tolérait une diminution de deux aunes qui, d'ailleurs, venait en déduction du prix; si elle allait jusqu'à trois, la pièce était coupée. La largeur était évidemment fixée aussi. Il n'en allait pas autrement poui' le poids de l'étoffe.