ORIGINE DE L'HOMME
D'où vient l'homme? comment est-il apparu sur la terre? quelle est sa relation avec Dieu? Irénée n'aurait certainement pas essayé de répondre à ces questions, non plus qu'à bien d'autres, s’il n'y avait pas été amené par les nécessités de la polémique. Suivant la méthode jusqu'ici employée, recueillons d'abord les passages où il parle de l’origine de l'homme.
Il trouvait en face de lui des hérétiques, les Valentiniens, qui enseignaient que la création de l'homme a eu lieu en deux fois : la partie spirituelle est formée d’abord, puis elle est revêtue d’un corps, sensibilem carnem (1, 5, 5). IIS établissaient ainsi une opposition tranchée entre l'âme et le corps, celui-ci destiné à se détruire, élément inférieur et incapable de rédemption, l'âme seule peut arriver à la connaissance qui constitue le salut. D'autres gnostiques rangeaient l'homme dans la série des créations mystérieuses qui avaient donné le jour à ces êtres abstraits : Aléthéia, Nous, Zoé; il prenait place à côté d'Ecclésia (II, 43, 10). L'homme était rangé parmi les éons. Saturnin faisant créer l'homme par les anges, il fallut une puissance supérieure pour achever cette imparfaite création et y mettre une étincelle de vie: Qui quum factus esset et non potuisset erigi plasma, propter imbecillitatem angelorum, sed quasi vermiculus scarizaret, miserantem ejus desuper virtutem, quoniam in similitudinem ejus esset factus, emisisse scintillam vitae, quae erexit hominem et articulavit et vivere fecit (1, 24, 1).
Ces diverses théories gnostiques ont en commun les deux caractères suivants : elles détruisent l’unité de la création, elles
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