‹ Essai sur la théologie d'IrénéeChapitre 28 sur 107 · NATURE DE L'HOMME · texte numérisé non relu

NATURE DE L'HOMME

Les disciples de Valentin reconnaissaient trois catégories d'hommes : les spirituels, les terrestres et les psychiques qui sont représentés par Caïn, Abel et Seth. De ces trois sortes d'hommes, les premiers, rvsouxcwot, sont destinés au salut, les seconds, yoxot, s’en vont à la ruine, les derniers ou dy! peuvent s’incliner vers le salut comme vers la perdition (1, 6, 1). Valentin fait donc dépendre le sort de l’homme de sa nature et non de son activité morale ; les pneumatiques reçoivent toujours le salut, les psychiques quelquefois, et les terrestres ou hyliques qui ne relèvent que de la matière n’y peuvent absolument pas participer (I, 7, 5). C’est la division platonicienne, l'esprit, l'âme et le corps, transportée de l'homme individu à l’homme espèce ou humanité. D’autres passages font croire que les Valentiniens appliquaient cette triple distinction —- esprit, âme et corps — non seulement à l'espèce, mais aussi à l'individu:

Irénée rejette cette séparation des hommes en trois classes différentes. Elle s'explique avec les présuppositions gnostiques, activité de puissances diverses et opposées pour la création; elle est inadmissible au point de vue d'Irénée qui considère la création comme l'acte libre d’un seul créateur parfaitement sage et bon. De l'unité de dessein et d’action dans la création de l'homme doit sortir l'unité de l'œuvre. L'individu est un, la race humaine est une ; nous le verrons encore mieux, lorsque l'idée de l'espèce apparaîtra avec la théorie de la récapitulation.

La distinction entre pneumatiques, psychiques et hyliques est une chimère, l’homme comprend le corps aussi bien que l'âme : Anima autem ct Spiritus pars hominis esse possunt,

homo autem nequaquam ; perfectus autem homo, commixtio et adunitio est animae assumentis Spiritum Patris, et admixta ei carni… Si enim substantiam tollat aliquis carnis, id est plasmatis, et nude ipsum solum spiritum intelligat, jam non spiritualis homo est, quod est tale, sed spiritus hominis, aut Spiritus Dei... Neque enim plasmatio carnis ipsa secundum se homo perfectus est; sed corpus hominis et pars hominis. Neque enim et anima ipsa secundum se homo; sed anima hominis, et pars hominis. Neque Spiritus homo : Spiritus enim, et non homo vocatur. Commixtio autem et unitio horum omnium, perfectum hominem efficit (V, 6, 1).

Ce passage éclaire complètement la question. C'est folie que de vouloir séparer les différents éléments que l'analyse distingue dans l'être humain, ils sont unis par un lien indissoluble; une âme sans corps n'est pas plus l'homme que ne l'est le corps privé de son principe spirituel. Ce n’est pas d'une psychologie bien pénétrante, c'est le langage du ferme bon sens.

L'homme possède des facultés ou organes de nature diverse, tous ont la même origine et cette communauté d'origine en garantit la durée. Dieu qui a créé tout l’homme n'en laissera rien tomber.

L'homme naturel ou psychique se compose de deux éléments, l’âme et le corps, égaux en dignité parce qu'ils sont également créés de Dieu. L'âme comprend les sens, l'esprit, la pensée, la méditation : Sensus enim hominis, mens et cogitatio et intentio mentis et ea quae sunt hujusmodi, non aliud quid praeter animam sunt (II, 20, 3).

L'être tout entier ressuscitera, il ira tout entier à la condamnation, corps et âme, ou au salut, corps, âme et esprit. Bien que l’idée de l'espèce soit fortement enracinée chez Irénée, il ne considère pas l'apparition des unités humaines comme une sorte de végétation indéterminée ou illimitée, comme un pur épanouissement de l'espèce : le nombre des âmes est rigoureusement fixé par le Créateur et chacune porte son caractère propre. Cette précision semble en rehausser la valeur : où yàs rTWYOS OÙùÛe Am020$ 0 eds, Wars ur Evi Éxarcw cwuxzt la x=y 29:50 doyv, aarso ai otov Jaoxkciox. Kai Où rodto rArowlivcos 705

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