RESSEMBLANCE DE L'HOMME AVEC DIEU
On sait comment la théologie catholique a exploité le texte de la Genèse : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. Elle a statué une différence profonde entre l’image de Dieu et la ressemblance. La première a été conservée après la chute, tandis que l’homme a été dépouillé de la seconde par sa désobéissance en Eden. Cette distinction a eu sa répercussion sur la doctrine du salut, sur l'œuvre du Christ et l’action du Saint-Esprit chez le fidèle, puisque l’homme gardant l'image n'avait à reconquérir que la ressemblance. Il sera d'autant plus intéressant d'observer chez notre auteur cette distinction qu’elle a eu une fortune si considérable dans la suite.
L'homme est une créature, un rkisuz, à laquelle les gnostiques dénient l'égalité primitive et originelle. Ils établissent dans la race humaine une aristocratie innée et une classe moralement et religieusement inférieure; entre deux se trouvent les psychiques, susceptibles de monter ou de descendre, tandis que les pneumatiques ne peuvent déchoir, ni les hyliques dépouiller leur tare foncière.
Par opposition aux gnostiques, il fallait montrer quel était le point de contact entre l’homme et Dieu, ce qui avait été ruiné par la chute et ce qui subsistait après le premier péché. Il fallait le montrer non pour une catégorie privilégiée, mais pour tous les hommes. C'est à ce besoin que vient répondre la théorie opposant l’image de Dieu à sa ressemblance. Elle se trouve formulée dans les trois passages suivants. Filius Dei... incarnatus est... ut quod perdideramus in Adam, id est, secundum imagi-