‹ Essai sur la théologie d'IrénéeChapitre 38 sur 107 · DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE V 7e · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE V 7e

ressusciter le troisième jour, mais, abandonnant son corps sur la terre, 1] serait remonté immédiatement au ciel. Cet intervalle de trois jours entre la mort et la résurrection s'est écoulé dans le séjour des morts : Niederfahrt zur Hôlle (eic érideuëiv, $ 78) ; nunc autem tribus diebus'conversatus est ubi erant mortui, (V, 31, 1). Jésus-Christ, en demeurant un certain laps de temps dans le tombeau, a observé la coutume des morts : Dominus legem mortuorum servavit.. commoratus usque in tertiam diem in inferioribus terrae (V, 31, 2). I1y a donc un lieu des défunts où l’âme séjourne en attendant la résurrection qui sera la réunion avec le corps.

Irénée prend au sens littéral la parabole de Lazare et du mauvais riche; il en conclut que les âmes se souviennent après la mort et qu'elles peuvent communiquer les unes avec les autres tout en restant dans le séjour, heureux ou malheureux, qu’elles ont mérité (11,34; 1).

Cet endroit intermédiaire permet d’attendre la résurrection; le fidèle reproduit les phases de l’existence de Jésus-Christ qui a séjourné chez les morts, il se rend dans le même lieu pour attendre la résurrection. La conformité qui existe entre le Christ et les fidèles exige qu’il en soit ainsi : Quomodo ergo magister noster non statim evolans abiit, sed sustinens definitum a Patre resurrectionis suae tempus, post triduum resurgens assumtus est; sic et nos sustinere debemus definitum a Deo resurrectionis nostrae tempus (V,31,2).

Le séjour chez les morts est aussi un moyen d'éducation; . c'est une période de transition entre la vie actuelle et la vie glorifiée, pendant laquelle on s'accoutume à voir Dieu, à soutenir sa présence et à entrer en contact avec lui. Enfin, si l’âme arrivait aussitôt après la mort à l’état de plénitude et de perfection,’ la résurrection deviendrait inutile et par là une arme serait fournie aux hérétiques qui méprisent le corps et rejettent la résurrection.

Irénée songe au destin de ceux qui n’ont pas passé par la mort : Enoch et Elie; il n'en peut citer d’autres mais il admettrait volontiers que leur nombre a été plus considérable. Ce sont des justes recus dans le paradis où saint Paul a été transporté provisoirement pour revenir ensuite sur la terre. Ce para-

dis est le même que celui de la Genèse, d’où Adam a été chassé pour habiter le monde où nous sommes. Il n’appartenait pas à la terre, maïs faisait partie d’une autre création : za éxeïdev è6e- GA 40m ('Adau) cie vôvèe rùv xéauoy mapaxoiaus (V, 5, 1). Il est décrit dans les termes suivants : Hat er {Golt) einen Ort, besser als diese Welt, für ihn (den Menschen) bereitet, der an Luft, Schônheit, Licht, Speise, Gewachsen, Frucht, Gewässern, und noch an allerlei andern Lebensmitteln vorzüglich war ; und er heisst Paradies. Und das Paradies war so schün und gut, dass das Wort Gottes beständig in ihm herumging, wandelte und mit dem Menschen die künftigen Dinge besprach, die geschehen sollten (ec irlüsrë, $ 12). Adam avait été établi dans le paradis par les mains de Dieu, Verbe et Esprit, à l’œuvre pour sa création; à la suite de sa désobéissance elles l’ont transporté dans notre domicile actuel.

Le paradis est donc un séjour qui diffère du monde inférieur et qui diffère en même temps du ciel. Il serait difficile d'établir la situation topographique ou le rapport de ces différents lieux des âmes qui sont bien des endroits et non des états spirituels.

En ce qui touche le ciel, le traité eis irideiësw, 9, renferme des indications précises. Il enveloppe le monde et forme une pluralité ou un organisme composé de sept sphères qui correspondent aux caractères du Messie d’après Esaïe XI, 2 : Die Welt aber ist von sieben Himmeln umgrenzt, in denen Mächte und Engel, und Erzengel wohnen... Nun, der erste Himmel von oben her, der die übrigen umfasst, ist die Weisheit; und der zweite von ihm der des Verstandes, der dritte aber des Rates, und der vierte von oben an gerechnet, der der Kraft, und

der fünfte der des Wissens und der sechste der der Frümmigkeit, und der siebente, diese Feste über uns, die voll ist von der Furcht dieses unseren Himmel erleuchtenden Geistes.

Les enfers sont un monde souterrain ou une partie inférieure de la terre : quae sunt sub terra, (IV, 27, 2), in inferioribus terrae. Christ est allé dans ce monde inférieur pour accomplir la rédemption des justes de l'ancienne alliance, patriarches et prophètes. La descente du Christ aux enfers, descensus Christi ad inferos, est exposée surtout dans les passages IV, 22, IV, 27, 2

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