‹ Essai sur la théologie d'IrénéeChapitre 63 sur 107 · LA RÉDEMPTION · texte numérisé non relu

LA RÉDEMPTION

L'enseignement de saint Paul attache une valeur spéciale aux souffrances et à la mort du Sauveur. Par sa vie, il est surtout un modèle et un enseignement ; par sa mort, il est une victime expiatoire qui réconcilie avec Dieu et rétablit la paix troublée par le péché.

Il ne faut pas chercher cette conception chez Irénée, non plus que chez les écrivains apologistes. Irénée a emprunté les termes de Paul plus qu'il n’a pris la substance de sa pensée; lorsqu'il emploie les mêmes mots il leur donne un sens différent, le vêtement est le même, autre est l'inspiration.

Il ne s'arrête pas particulièrement aux souffrances et à la mort de Jésus-Christ. La passion du Sauveur qui excitera l’adoration, la ferveur et l'amour de tant d’âmes religieuses, qu’elles s'appellent Luther ou François d'Assise, n'a point importance capitale à ses yeux. Il parle de la mort du Christ en regard de la mort d'Adam et l’envisage d’une facon plutôt passive; Christ est mort par obéissance. Il la mentionne au milieu d’une énumération et ne s’y attarde jamais. Le Fils de Dieu s’est abaissé, la mort est incluse dans son abaissement, mais elle ne s'éclaire pas d’un jour différent des autres temps de l’humiliation : Filius Verbum Dei exsistens, a Patre descendens et incarnatus et usque ad mortem descendens et dispensationem consummans salutis nostrae (TT, 18, 2). Aussitôt après, il passe à l'institution de la Cène pour revenir à l’incarnation. La passion et la mort de Jésus-Christ se rangent dans la période qui va de l'incarnation au retour dans la gloire sans revêtir aucune importance spéciale; elles sont un des événements de la carrière du Fils de l'homme,

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