‹ Essai sur la théologie d'IrénéeChapitre 78 sur 107 · QUATRIÈME PARTIE. — CHAPITRE PREMIER I · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. — CHAPITRE PREMIER I

l'autorité de l'Ancien Testament, en ont tiré des témoignages en faveur de la nouvelle alliance; un auteur doué d’un sens ecclésiastique aussi vif qu'Irénée ne pouvait abandonner ce terrain.

Les gnostiques attaquaient l'Ancien Testament non pas tant pour exalter le Nouveau que pour les opposer l’un à l’autre en creusant un fossé entre deux. Irénée les unit et ne voit dans le second que l'épanouissement du premier, Christ est venu pour étendre et compléter la loi. Les deux alliances ne sont au fond qu une seule et même loi à des degrés différents de son développement; l’ancienne alliance est la loi embryonnaire, réduite à ses rudiments ; la nouvelle alliance est la loi déroulant toutes ses conséquences et arrivée à son plein épanouissement. La seconde est le prolongement de la première; ces deux alliances ont le même point de départ, reposent sur le même principe, et ont les mêmes préceptes : Assentire enim Deo et sequi ejus Verbum et super omnia diligere eum et proximum sicut seipsum, et abstinere ab omni mala operatione, et quaecunque talia communia utrisque sunt, unum et eundem ostendunt Deum (XV, 13:14)

Irénée tient absolument à cette union des deux alliances qui découle de sa notion de Dieu et de l’activité divine; la différence qui existe entre l'Ancien et le Nouveau Testament est quantitative, non pas qualitative. Après avoir rappelé des paroles de Jésus-Christ qui cite l'Ancien Testament, il ajoute : Et quaecunque sunt talia. Omnia enim haec non contrarietatem et dissolutionem praeteritorum continent, sicut qui a Marcione sunt voctiferantur ; sed plenitudinem et extensionem (IV, 13, 1).

Christ est venu donner à la loi son couronnement, en l’étendant il la complète; il brise la chaîne de l'esclavage afin que l’homme puisse suivre Dieu en toute liberté : sine vinculis sequi Deum (IV, 13, 2). La loi n’a qu'une exigence, être observée, et son observation suppose la liberté.

L’Ancien Testament ne devient intelligible que par le Nouveau : où yo Exouar (’ouôxlot) vrv Ééfymouv Tv mavwv, fric Éotiv À za” oboavèy magovsia vod viod voù Geov ([V, 26, 1). Les patriarches, les apôtres et les prophètes ont poursuivi un même travail, semant les uns et les autres la parole du Christ, il y a unité dans cette activité que des siècles séparent : Qui ergo sunt qui labo-

raverunt, qui dispositionibus Dei deservierunt? Manifestum est quia patriarchae et prophetae (IV,23, 1). 1 y a plus, Abraham a figuré ou réuni les deux testaments (IV, 25, 3); l’on revient ici à la théorie de la récapitulation, patriarches, prophètes et apôtres ont porté la parole du Christ, ce qui montre bien l'unité du travail qui s’est accompli sous les deux alliances.

Page 1