QUATRIÈME PARTIE, — CHAPITRE II
des grâces spirituelles, de l'Esprit divin : Ubi enim ecclesia, ibi et Spiritus Dei, et ubi Spiritus Dei, illic ecclesia et omnis gratia; Spiritus autem veritas (TITI, 24, 1).
Voilà la prétention ecclésiastique dans toute son énormité. L'Église est l'unique dépositaire du salut, elle est l’intermédiaire indispensable pour posséder la grâce de Dieu, son enceinte est la limite de l’action divine dans l'humanité; il ne faut plus dire : l'Esprit souffle où il veut, il faut dire : l'Esprit souffle dans l’Église, il ne souffle que là, eten comprenant bien qu'il s'agit d’une institution nettement déterminée, d’un organisme dont les contours sont parfaitement arrêtés et visibles. L’intolérance humaine ne peut se retenir de poser des bornes à l'action divine, chaque groupement prétend accaparer la vérité à son profit ; il faut reconnaître qu’Irénée tombe dans ce fâcheux penchant de notre nature.
L'Église, seule dépositaire de la foi et de la tradition, possède des privilèges que nul ne peut lui disputer : l’universalité, l'unité et l'ancienneté, donc l’apostolicité.
LR