UNIVERSALITÉ
Le christianisme est ÿenu abattre les cloisons qui séparent les races humaines et les classes sociales; il a fait tomber les barrières qui tenaient les peuples éloignés les uns des autres, [rénée le proclame avec énergie. L’universalité découle du caractère spirituel de l'Église: il y a dans le christianisme une puissance qui ruine les différences extérieures et le Royaume de Dieu, qu’elle vient établir, ne connaît pas les distinctions terrestres. Dépositaire de la foi et de la prédication, rodro +ù zipuypa rapekrovts vai vaÿeny sûv rioru (I, 10, 2), elle unit par les liens spirituels ses membres dispersés par tout le monde ; comme ils partagent la même foi et suivent la même règle de vérité, ils appartiennent à la même institution divine.
L'Eglise est répandue par toute la terre; fondée par les apôtres et leurs disciples elle en a reçu un corps de doctrines
qu’elle garde soigneusement, irtuehüe œuldaset ([, 10, 2), malgré sa dissémination elle n’a qu’une seule âme et un seul cœur, elle prêche, enseigne et transmet la tradition comme parlant par une seule bouche. Quoique ses membres appartiennent à desnations diverses et parlent des langues différentes, le lien spirituel triomphe de toutes les causes de morcellement ou de division; aussi Irénée s'écrie-t-il triomphalement : Ka à9 ai ar toy x6p0v duéhentor avépotu, XX à évaus Th raoudécews la 1 à ati (L,.59;, 2). Puis il passe en revue la chrétienté de son temps; Germanie, Espagne, Gaule, Orient, Egypte et Lybie ont la même foi et la même tradition : oùte &\Awe mentorebuuoiv, À 4] wS Taoad das.
Au moment où il constate la dispersion de l'Église dans le monde entier, Irénée relève le lien tout puissant qui rattache ses membres. Un tel organisme ne connaît pas les barrières qui limitent les institutions humaines, il est affranchi des entraves inhérentes aux royaumes terrestres. L'universalité découle de la spiritualité et elle n'en est pas la moins heureuse conséquence. Sous ce majestueux portique apparaît la confession de foi dans laquelle communient, malgré les différences de langue et de race, tous ceux qui l’acceptent.
En nous reportant aux temps apostoliques, nous trouvons des églises et non pas une Église, Le livre des Actes nous présente des communautés chrétiennes égrenées sur divers points de l'empire romain et n'ayant guère comme lien entre elles que la personne de leurs fondateurs; elles avaient une foi commune, mais le contact entre les personnes morales que sont des communautés chrétiennes ne s'était pas encore établi. Au temps d’Irénée, la situation est transformée, il n’y a plus seulement des églises, mais aussi une Église, Les hérésies ont puissamment contribué à ce travail de fusion, d'unification ; en face d'elles ét par opposition s’est constituée l'Église catholique. Des forces dissolvantes menaçaient l’existence du christianisme : les forces conservatrices se sont groupées et ont élevé une forteresse pour résister à de redoutables assauts; cette forteresse s’est formée au temps où le christianisme était menacé par les hérésies et en réponse à celles-ci.
Le terme à ixxkraia xa0okw% se trouve dans la salutation de la lettre de la communauté de Smyrne écrite à l'occasion de la