‹ Essai sur la théologie d'IrénéeChapitre 94 sur 107 · QUATRIÈME PARTIE, — CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE, — CHAPITRE IT

les autres églises devant son tribunal, dépositaire de la foi et de la tradition elle se constitue la gardienne de l'orthodoxie et incarne le principe d'autorité.

DURICeMterrarn, les PARA de l'Église, gnostiques ou autres, n'avaient rien à opposer. Ils ne pouvaient montrer aucun de leurs docteurs remplissant le rôle de Clément Romain écrivant à l'église de Corinthe pour l’exhorter à la paix, pour fortifier sa foi et surtout pour lui rappeler la tradition recue des apôtres, précédent qu’'Irénée rappelle et qui confirme son raisonnement (III, 3, 3).

L'ancienneté et la tradition sont deux sœurs jumelles qui se donnent la main. La tradition fait revivre le passé dans le présent, elle unit les choses anciennes aux choses actuelles; ce qui est actuel n’a de valeur qu’à la condition de reproduire ce qui a été autrefois. Les gnostiques sont des novateurs, les rappeler à la tradition c’est les réduire au silence. La lettre de Clément est plus ancienne, vetustior, que les écrits gnostiques, elle a, par conséquent, plus d’autorité. C’est un grand point aussi que de montrer la filiation par laquelle on se rattache aux anciens ; la tradition et la prédication de la vérité ont été transmises depuis les apôtres par une chaîne régulière d'évêques dont Irénée dresse soigneusement la liste, il conclut en disant : Ta adri taber ai th août Way À Te And Tv dmooroAwv Év TA xx noix raoadocts xai ro rc GAnôelac xrovypa xavivinuev sis que (III, 3, 3).

L'ancienneté est une présomption en defarvérité, Es novateurs doivent inspirer de la défiance; sans doute il y a de vieilles erreurs, l'hérésie a aussi des racines dans le passé, Simon le magicien en est la preuve, mais elle est active surtout dans le présent. En matière religieuse, la nouveauté est une hérésie.

Page 1