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LIT. — Equilibre de la Production
45. L'équilibre d'un marché limité à des relations d'échange étant, d’après les précédentes démonstrations, parfaitement défini, il nous faut aborder le cas d’un marché plus compliqué, comportant la production des produits échangés. « Figurons-nous, dit M. Léon Walras (*), qu'au lieu de se sauver seul Robinson Crusoë fut accompagné d’une centaine de marins et de passagers qui auraient emporté, qui du riz, qui du rhum, etc., etc. Si tous ces individus tenaient un marché sur le rivage pour échanger entre eux leurs marchandises, ces marchandises auraient un prix courant parfaitement déterminé et complètement indépendant des frais de production. Voilà le problème de l'échange » — précédemment résolu — «et comment les prix ne dépendent que de la rareté (”} c'est-à-dire de l'utilité et de la quantité possédée des marchandises. Mais si ensuite ces individus, ayant trouvé dans l'ile les services producteurs nécessaires, procédaient à la fabrication des mêmes marchandises et apportaient leurs produits sur le marché, les marchandises dont le prix de vente excéderait le prix de revient se multiplieraient et celles dont le prix de revient excéderaient le prix de vente se raréfieraient jusqu'à ce que l'égalité du prix de vente et du prix de revient se fut établie. Voilà le problème de la production et comment la considération des frais de production détermine la quantité et non le prix des produits. »
() Appendice aux Eléments d'Economie politique pure, p. 15. Note.
(°) Nous disons : utilité élémentaire ou finale.
46. Pour résoudre ce problème très nettement posé, 1! nous faut partir comme en matière d'échange de fonctions empiriques fondamentales ef nous élever,peu à peu,vers un système de relations générales définissant l'équilibre de la libre production.
Considérons à un instant donné du progrès industriel la production d'une marchandise quelconque, le blé par exemple. Une quantité déterminée de marchandise résulte de l'emploi, pendant des temps donnés, de quantités également déterminées de différents capitaux fonciers, personrels et mobiliers. Autrement dit, pour produire cent hectolitres de blé, il faut employer une certaine étendue de lerre pendant un temps donné, un certain nombre de journées de travail humain, une certaine quantité enfin de différents capitaux mobiliers pendant un temps également donné. Ces quantités ne sont pas indépendantes. C’est ainsi que tel agriculteur peut bien employer moins de terre pour produire Ja même quantité de DIé, mais alors il lui faudra plus de travail humain pour l'ameublir et plus de services des. capitaux mobiliers sous forme d'engrais ou autres artifices de la culture intensive. On voit également que si les quantités considérées ne sont pas indépendantes elles ne sont pas non plus déterminées d’une manière unique. fl est loisible à l'entrepreneur de faire varier leur proportion dans de certaines limites, d'employer, par exemple, moins de travail humain et plus de capital mobilier sous forme de machines ou d'adopter tels autres arrangements que son intérêt suggèrera à son indépendance.
Plus généralement, si nous considérons à un moment donné du progrès industriel la production d'une marchandise (B) nous constatons que la quantité q, de cette marchandise résulte de l'emploi des quantités qu qu Qu... des.services(T) (P):{K)}. : en nombre: n."Les condi-
tions techniques de la production nous conduisent à poser
entre ces n variables et la quantité produite q, un
certain nombre r de relations telles que les suivantes :
fitqr ps 4x) =— { (9) EC 1)
ARE Meter de der fe «7
Nous savons que dans la plupart des cason a: r<n Entre les r relations ci-dessus posées, nous pouvons éliminer (r—1) variables et exprimer q, en fonetiondes n-{r- 1) autres inconnues, sous la forme explicite :
(14) Or. (di, de Jane |
Le problème de la production pourrait être étudié en partant de ces données; mais nous n'avons ici én vue que des applications auxquelles il n'importe que nous en simplifitons encore le point de départ. Nous supposerons donc les r relations empiriques relatives à la production d'une marchandise quelconque réduites à une seule de forme (14), celle-ci exprimant la quantité produite en fonction des n quantités de services employés ou la production totale de ces quantités de services transformées en (B:.