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— d'en préciser l'application, en matière économique, à des méthodes, des doctrines, en apparence exclusives — de délimiter ainsi la place logique de chacune d'elles dans le plan de notre étude monétaire.
Toute science commence — a-t-on dit justement — par un acte de foi ; mais ce credo primordial du savant n'a rien de mystique. Il s’agit seulement d'accorder une adhésion rationnelle et consciente à l’instinctive croyance en un ordre permanent de l'Univers.
* Act 0 @éos Yewuérper, affirmait Platon. Vingt siècles plus tard, la méthode de Descartes prescrivait essentiellement de « supposer même de l’ordre entre les phénomènes qui ne se suivent pas naturellement les uns les autres » et d’Alembert -- habile à donner à la vérité la saillie du paradoxe — s’écriait bientôt : « Le monde est un problème de mécanique.» Le même principe, sous les diverses formules qu’en a dégagées la critiquede la connaissance, reste la majeure indispensable de toutraisonnement scientifique. Les phénomènes nous apparaissent dans un désordre pareil à celui des astres au ciel. Chercher parmi eux des constellations stables, des révolutions périodiques, c'est nécessairement professer que la nature obéit à des lois éternelles. Aucune démonstration de cet universel déterminisme ne saurait être fournie. L'œuvre scientifique accomplie peut bien en suggérer l’idée —- quand nous voyons un méme effet arriver toujours de même, nous sommes naturellement portés à conclure qu'il se produira partout et toujours — mais aucune nécessité logique
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n’impose cette généralisation. Un acte de libre croyance y suppiée, qui seul garantit, en dernière analyse, à nos recherches un but certain, aux lois découvertes une extension et une perennité infinies. (*)
Fort de cette conviction, le savant fait crédit au tumultueux désordre des apparences, broderies et festons changeants, sur un canevas qui demeure. L'ordre, pressenti et certain, que recèlent les déterminations passagères des phénomènes suivant les différentes catégories d’étendue, de position, de temps, de masse, d'intensité etc., il le découvre dans les rapports permanents qui lient ces déterminations les unes aux autres. Quelles que soient la Iongueur et la température initiales d’une tige solide, ses mesures à deux températures différentes sont dans un rapport constant et bien déterminé (*). Dans toute combinaison chimique, le rapport des poids des composants qui s'unissent pour former un composé donné est indépendant de la valeur absolue des poids mis en jeu (**). En matière de transformations phonétiques, si l’on attribue à chacune des voyelles de la série a, e, i, o, u, une valeur vocale décroissant dans le même ordre, le rapport entre la raleur d’une voyelle latine longue et la valeur de sa
() « Nous connaissons la vérité non seulement par la raison, mais
encore par le cœur ; c’est de cette dernière sorte que nous connaissons les premiers principes, et c’est en vain que le raisonnement qui n’y a point de part essaie de les combattre... Le cœur sent qu'il y a trois dimensions dans l’espace et que les nombres sont infinis ; et la raison démontre ensuite qu'il n'y a pas deux nombres carrés dont l’un soit double de l’autre. Les principes se sentent, les propositions se concluent, et le tout avec certitude quoique par différentes voies. » Pascal. Pensées. Art. VIII G.
(”) Loi des dilatations linéaires des corps solides
(”) Loi des proportions définies ou loi de Proust.
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remplacante dans le mot français dérivé est toujours supérieur ou égal à lunité (*). Tous les exemples possibles, fussent-ils d'une forme moins précise, conduiraient à cette conclusion que les lois scientifiques expriment, comme le pensait Montesquieu, des lois civiles, « les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses », rerum nexus plus exactement que rerum causas. Le monde des phénomènes offre aux sens une expression anecdotique et disparate de ces rapports; la connaissance scientifique s'efforce d’en fournir à la raison une formule intelligible et générale. Si l’on compare, a-t-on observé justement (*), l'univers à une grande œuvre d'art dont une partie serait en prose, une autre en vers, une autre formée de dessins, d’autres passages exprimés par des accords ou des phrases mélodiques : la science sera fidèlement représentée par l'analyse continue qui résumerait dans un même style simple et logique, sans distinction des formes primitives les idées directrices et le plan d’un pareil ouvrage.
Comment opérer cette transcription? Comment obtenir le parallélisme absolu des formules abstraites et des apparences concrètes. Les sciences de la nature s’y efforcent au moyen des deux méthodes générales connues sous les dénominations, d’ailleurs équivoques, d'analyse et de synthèse. Aristote résumait très exactement les démarches progressives de la première en disant que « la route de la science part des objets
() Lois des permutations phonétiques. — V. Aug. Brachet. Diclionnaire élymologique de la langue française — Introd. P. LXXIV et suiv.
(”) A. Lalande. — Philosophie des Sciences.