‹ Essai sur la Théorie générale de la MonnaieChapitre 37 sur 82 · OED · texte numérisé non relu

OED

on forme un système de 8 équations déterminant les 8rinconnues 0000 Dore para dontdes + der nières sont égales deux à deux. Le tâtonnement de la

circulation résout empiriquement ces équations par transformation de monnaie en marchandise ou de marchandise en monnaie pour (O) et pour (M) A l'état d'équilibre les prix monétaires de (O) etde (M) sont respectivement égaux à leurs prix comme marchandises et de plus le prix commun de (O) marchandise et monnaie est égal à o fois le prix de (M) marchandise et monnaie.

D'où la conclusion :

Lorsque le rapport monétaire a été fixé dans les limites précédemment déterminées, le bimétallisme reste effectif. L'équilibre s'établit suivant les cas par monnayage ou démonétisation d’or ou d'argent. *

55. Dans l'analyse précédente, nous avons supposé fixes les quantités totales de (O0) etde (M). Imaginons maintenant que ces quantités croissent ou décroissent soit ensemble soit séparément et tâchons d'apprécier l'influence de ces variations sur les prix de (O0) ou de (M) monnaies.

Supposons d’abord que la quantité existant de (M) reste constante et que la quantité de (O) croisse de Q, à Q+AQ,. Cet accroissement portera d’abord évidemment sur la quantité de (O0) marchandise qui s'élèvera de Q', à Q', + AQ,.. L'augmentation de la quantité consommable de (O) se traduira elle-même — toutes choses égales d’ailleurs — par un abaissement du prix ps de (O) marchandise et conduira les porteurs de (0) à effectuer la transformation d’une portion de (O0) marchandise en monnaie. L'inflation du stock monétaire, résultant de cette transformation, aura elle-même pour effet d’abaisser les prix solidaires de (O0) et de (M) monnaie et finalement l'équilibre se rétablira par un transport de (M) monnaie à (M) marchandise. Cette

dernière conséquence nous montre que l'augmentation de la quantité de (O0) marchandise aboutit en définitive à une augmentation corrélative de la quantité de (M) marchandise et par conséquent à une baisse du prix commun de (M) marchandise et monnaie.

L'augmentation directe de (M) aurait, relativement à la marchandise (O) et par le fonctionnement réciproque du même mécanisme, le même résultat.

On démontrerait sans difficulté qu'une diminution des quantité de (O0) ou de (M) conduirait, suivant les mêmes lois, à une hausse de leurs prix monétaires.

D'où la conclusion :

L'augmentation ou la diminution de la quantité existant de l’une ou de l'autre marchandise monétaire, ont respectivement pour effet une baisse où une hausse des prix solidaires des deux monnaies.

Remarquons qu'aucune considération n’interdit d’appliquer au €as présent le principe de l'indépendance des effets des forces agissant simultanément sur un même système. Il en résulte immédiatement ce nouvel énoncé :

Dans le cas où les quantités de (O) et de (M) varient dans le même sens les effets de chaque variation s'ajoutent l’un à l'autre ; dans le cas où ces quantités varient en sens contraire, le résultat final est la différence des effets indépendants de chaque variation.

Il suit de là que le bimétallisme a un effet compensateur lorsque les quantités des deux métaux varient en sens inverse, mais qu'il n’en saurait avoir lorsque ces quantités varient dans le même sens. € En somme, conclut M. Léon Walras, le bimétallisme se confie au hasard tout comme le monométallisme ». Il a seulement quelques chances de finité de plus si les variations dans la production des deux métaux sont susceptibles de se compenser alternativement.

56. Il ne suffit pas d'avoir déterminé le sens de la ariation des prix monétaires de (O) et de (M; lorsque la quantité totale de l’une ou de l’autre marchandise vient à augmenter ou diminuer; il faut tâcher de relier par une formule précise les variations du prix aux variations de la quantité. Nous y parviendrons grâce aux hypothèses auxquelles nous avons précédemment subordonné l'application de la théorie quantitative. Supposons donc que les fonctions d'intensité du besoin éprouvé par les différents individus envers les marchandises (O) et (M) aient respeclivement les formes simples Le et Eu

de TE de cette hypothèse,les équations (9) prennent la forme sui-

En tenant compte

vante:

P Les K ds Q'nMh.eo, K,

Va Q,.Mh.e,

Eliminons entre ces équations et les équations (10) et (412)*les cinq inconnues 0, 07,.0",,.0% et P:. Il ne nous reste finalement que l'équation suivante, dans laquelle nous désignons par C la combinaison fixe des divers éléments constants : circulation à desservir, intensité moyenne des besoins restant envers la marchandise

(A) etc. & Q,, ne) Q, = Hé

Il résulte de cette équation que le prix P,, est inversement proportionnel à un stock fictif composé de la quantité existant de (M) et de o fois la quantité existant de (O). Pour apprécier quelle variation du prix P,, déterminera une variation de (M) ou de (O), il faudra donc préalablement rapporter cette dernière au stock ci-dessus défini. Il suffira ensuite de prendre l'inverse du rapport obtenu

pour connaître par là-imême la variation du prix P,. Cette forme particulière de la loi de quantité est subordonnée aux mêmes hypothèses que dans le cas du monométallisme: elle n’a qu'une valeur conditionnelle dont il ne faut pas plus exagérer que méconnaitre le mérite.

57. Toute la théorie du bimétallisme que nous venons de reprendre et d'exposer ne s'applique qu'à un système économique fermé, comme par exemple une nation isolée ou l’ensemble du monde s'il pratiquait un régime bimétalliste uniforme. Or, d’une part, les nations pratiquent et pratiqueront vraisemblablement longtemps encore des systèmes monétaires différents, d'autre part il existe entre elles des rapports économiques internationaux dont il faut tenir compte.

Nous avons vu précédemment (45) que le commerce international a pour effet d'amener à l'égalité dans les différents pays les prix d’une même marchandise exprimés en un même numéraire. Le rôle monétaire attribué à une certaine portion d’une marchandise quelconque (O) ou (M) ne saurait entraver ce nivellement automatique de son prix. Seulement, comme par suite de l'établissement dans un certain pays X du bimétallisme au rapport fixe w, les prix de (O) et de (M) monnaie sont solidaires, les limites entre lesquelles pourrait être choisi w dans un système fermé vont se trouver modifiées.

Supposons d’abord que la marchandise (M) desserve seule dans le pays X la circulation monétaire. Elle atteindra sur l’ensemble des marchés communiquant un prix r'u Supérieur à tous ceux qu'elle pourrait avoir si la marchandise (O) la suppléait dans la fonction monétaire. Dans ce cas, la marchandise (O) restant affectée en totalité, aussi bien dans le pays considéré que dans le reste du monde, à la consommation, descendra à un prix d’équi-

libre p', inférieur à tous ceux qu’elle pourrait atteindre si une fraction de son stock était détournée vers les usages

A . tu ) monétaires. Il apparait ainsi que le rapport Le marque

an

un minimum au-dessous duquel ne saurait être fixé le rapport w pour que le pays X reste bimétalliste.

On démontrerait de même que le rapport =? marque P ll

pour w une limite supérieure.

Il est à remarquer que ces limites seront d'autant plus rapprochées que la circulation du pays X sera moins importante par rapport au stock existant de (O) et de (M) dans l’ensemble du monde.Si, en effet,cette circulation est porportionnellement très importante, le fait d'y être seule affectée ferait subir à la marchandise (O0) une hausse de prix de p à 7, très sensible. De même, l'écart entre le prix de (M) seulement marchandise et de (M) marchandise et monnaie serait aussi, considérable. Des deux

D’ Zi , : 10 : :

rapports et —- le premier, ayant son numérateur

paf?

1 ) put

très sensiblement inférieur et son dénominateur très sensiblement supérieur à ceux du second, serait lui-même très notablement moindre que celui-ci. Si, au contraire, la circulation du pays X n’avait qu'une importance minime, les deux rapports limites se rapprocheraient jusqu’à devenir égaux si la circulation du pays X devenait elle-même insensible par rapport à l'emploi des marchandises (M) et (O) dans le reste du monde. Dans le cas ou le rapport w aura été fixé dans le pays X entre les limites précédemment déterminées, l'équilibre d'ensemble s’établira par transports internationaux des marchandises (O) et (M) et à l’intérieur de X par monnayage ou démonétisation de l’une ou l'autre marchandise. A l’état d'équilibre le bimétallisme restera

effectif en X.

Si, au contraire, le rapport « se trouve inférieur à

— Je prix de (O) sur l’ensemble du marché interna-

Tu tional étant toujours supérieur à son prix monétaire wP, dans le pays X, il y aura toujours-intérêt à transformer de la imarchandise (M) en monnaie, pour l'échanger au taux légal contre de la marchandise (0) monnaie et démonétiser celle-ci. L'opération se poursuivra tant qu’il réstera en X dela marchandise (O0) dans la circulation monétaire et l'équilibre de cette circulation ne pourra finalement s'établir, en dépit de toutes prescriptions légales, que sur la base d'un monométallisme (M ;

Si le rapport légal wo avait été fixé. au-dessus de la limite —— on eut abouti par le jeu des mêmes forces

P'u s’exerçcant en sens contraire, à un monométallisme (O). Dans l’un et l'autre cas, l'équilibre s'établit d'ailleurs aux dépens du pays bimétalliste car il se trouve avoir en définitive remboursé tout le métal importé à un prix supérieur au prix d'équilibre du marché international. De cette dernière analvse, nous concluons :

Malgré la différence des systèmes monétaires et le nivellement international des prix, le bimétallisme isolé d'un certain pays X peut rester effectif si le rapport monétaire à été fixé dans certaines limites assignables.

Ces limites sont d'autant plus étroites que la circulation à desservir en X est moins importante par rapport aü marché mondial des métaux : elles dépendent, en outre, des stocks existant d'or et d'argent et de leurs. variations.

Si le rapport monétaire a été fixé en dehors des limites précilées, le bimétallisme se résout en monométlallisme or ou argent aux frais du pays considéré.

Page 1