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Ces équations, jointes aux deux précédentes, forment un système déterminant exactement : 1°les n quantités de services dépensées à la production de la monnaie ; 29 la quantité produite q, de cette mannaie.
D'autre part, la condition d'égalité du taux de l’escompte au taux du revenu net des différents capitaux nous
TR LE Û : JuPu £ i fournit un terme nouveau = à introduire dans I equa-
tion équilibre général de la capitalisation qui exprime
l'égalité de la somme totale épargnée à la somme des ‘apitaux neufs produits et détermine le taux du revenu net. Ainsi se trouvent déterminés pour la monnaie, sous les mêmes conditions que pour les autres capitaux, la quantité de monnaie ajoutée au stock existant et le taux de l’escompte. On conçoit aisément, sans qu'il y ait lieu d'insister sur ce point par quel mécanisme l'égalité du taux du revenu net se réalise entre les différents capitaux. Les prix des services de ces capitaux étant déterminés à l'avance sur le marché des services, les prix de ces capitaux se déterminent sur le marché des capitaux, par des tâtonnements, des arbitrages, qui font correspondre ces prix à un taux uniforme du revenu net. C’est là le but et le résultat essentiel des opérations de Bourse et des transports de capitaux qui s'effectuent quotidiennement du marché des rentes et valeurs au marché des effets de commerce et réciproquement.
61. Proposons-nous maintenant de comparer le taux de l’escompte et du revenu net sur deux marchés X et Y en équilibre, ne différant que par la quantité de monnaie en circulation. Supposons, par exemple, qu'en Y la quantité de monnaie soit le double de la quantité en X. La loi de quantité nous permet de dire que le prix du service de la monnaie est en Y à l’état d'équilibre, la moitié du prix du même service en X. Or, la variation de la quantité de monnaie en circulation n’exerce aucune action sur le taux du revenu net des autres capitaux. Ilen résulte tout simplement une augmentation du prix de la monnaie proportionnelle à l'augmentation du prix de son service et le taux x de l’escompte reste en Y ce qu'il était en X.
Il est important de remarquer qu'il ne s’agit ici que d’un état final d'équilibre qui n’est atteint en réalité que par un circuit assez complexe de modifications dynami
ques. À défaut de démonstration plus précise, il n'est pas impossible de se faire une idée de ces modifications. Le premier résultat d'une augmentation de la quantité de monnaie est bien la baisse du prix du service de la monnaie, mais la hausse du prix de la monnaie ne s’en suit pas immédiatement et une baisse du taux de l’escompte apparait d'abord transitoirement. L’encaisse désirée augmente sans que les quantités existant des produits, services ou capitaux puissent varier. Si les prix, au lieu d’être exprimés en numéraire, sont exprimés en monnaie, ces prix haussent de proche en proche et cette hausse s'étend progressivement des produits aux services et des services aux capitaux. Finalement la monnaie se trouve avoir baissé de prix dans la même proportion que son service et le taux de l’escompte se trouve ainsi rétabli, en même temps que le taux du revenu net des différents capitaux, à son niveau primitif (°).
IT. — Les Succédanés de la Monnaie
62. Ayant achevé au cours des précédents et du présent chapitre d'analyser et de définir les conditions générales d'équilibre de la circulation de la monnaie dans sa triple fonction de numéraire, de circulation et d'épargne, il nous resterait, pour compléter la théorie, à entreprendre une deuxième approximation des phénomènes monétaires. Nous devrions introduire dans nos formules d'équilibre nombre d'éléments jusqu'ici négligés et délimiter les perturbations qu'ils sont susceptibles d'y apporter. Nous n'entreprendrons pas cette tâche qui nous
() Léon Walras. Équations de la circulation. Mémoire précité. — De Viti de Marco. Monela e prezzi ossia il principio quantitativo. Chapitre VI.
entrainerait sur un terrain à peine exploré et sortirait du adre très général de la présente étude. Contentons-nous de signaler ici les principaux succédanés de la monnaie qui viennent la suppléer mais seulement dans les deux fonctions de circulation et d'épargne.
La fonction de numéraire ne saurait être remplie en effet que par la monnaie même ou par quelque autre marchandise présentant une utilité librement appréciable. Tous les moyens de paiement secondaires qui empruntent leur prix à un pair légal et obligatoire vis-à-vis de la vraie monnaie, ne sauraient constituer en eux-mêmes une commune mesure des prix. Il faut remarquer pourtant que l’emploi de tous les succédanés de la monnaie ayant pour effet principal d’accroitre le stock circulatoire et par conséquent de diminuer l’utilité propre de chaque élément de ce stock a, en définitive, pour résultat d’abaisser le prix d'équilibre de la monnaie en dessous du taux qu'il eut atteint sans cet emploi.
63. La Monnaie reçoit en premier lieu un secours important de l’emploi du billon. Ce billon, qu'il se compose d'argent ou d’un métal inférieur, est caractérisé par ce fait que le gouvernement détermine la quantité mise en cireulation et le rapport de son prix monétaire au prix de la monnaie. Il résulte de cette réglementation que le prix du billon se dédouble, qu'il a un prix comme marchandise et un prix différent comme monnaie, car la transformation de marchandise en monnaie n'étant plus libre ne peut plus rétablir l'égalité de ces deux prix indépendants. Le prix du billon comme marchandise ne peut d’ailleurs être qu'inférieur à son prix comme monnaie. S'il était supérieur la démonétisation qu'aucun gouvernement ne saurait empécher aurait vite fait de rétablir l'équilibre.
L'emploi du billon exerce sur le prix de la vraie monnaie une action indirecte mais certaine. Si, par exemple, Ja quantité mise en circulation est égale à B et le rapport du prix du billon au prix de la monnaie fixé à 5 l'emploi de ce billon produit tout simplement le même effet que si I: circulation de vraie monnaie se trouvait accrue de Bo. En effet, le prix du billon en une autre marchandise quelconque étant légalement de P,9, le terme à ajouter à la quantité de monnaie en circulation pour déterminer le prix d'équilibre de la monnaie est de BP. Il est évident qu'un accroissement de la monnaie égal à Bo et s'échangeant au prix P,, produirait le même résultat. Ce résultat est une baisse du prix de la monnaie, partant une hausse des prix évalués en monnaie. Des marchandises dont le prix n’a pas subi à l'étranger la même hausse sont naturellement importées et cette importation a pour dernière conséquence de rejeter au dehors une portion de l’instrument circulatoire qui ne pouvant être prélevée sur le billon dont le cours forcé ne dépasse pas les frontières, est nécessairement prélevée sur la quantité de vraie monnaie.
Cette conséquence, connue sous le nom de loi de Gresham, est le résultat nécessaire de toute augmentation de la quantité de billon mise en circulation. Il est à noter qu’en répandant sur le monde entier l'augmentation du stock monétaire dans le pays considéré le jeu de la loi de Gresham diminue en dernière analyse la hausse des prix qui était d'abord résultée de linflation monétaire.
64. Les billets de Banque ct le papier monnaie jouent dans la circulation un rôle supplétoire analogue au billon. Nous ne saurions entreprendre la théorie de ces instruments d'échange et de crédit, dans cette étude exclusivement limitée à la monnaie métallique. Le résultat principal de leur emploi, par rapport à cette monnaie, est d’aug-
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menter le stock circulatoire dans. une large mesure et de réduire ainsi le prix de la monnaie. Tout comme le billon, les billets de banque et le papier monnaie ne sont pas, en toute rigueur, exportables et l'augmentation de leur quantité donnera lieu, de même, à l'application de la loi de Gresham.
65. C’est un fait bien curieux, a-t-on dit, et bien digne d’être noté dans la théorie de la monnaie, que ce soit un premier progrès de s’en servir et que cette monnaie existant, ce soit un nouveau progrès de s’en passer. Divers moyens ont été, en effet, imaginés pour économiser, partout où 1l est possible, l'emploi d’un intermédiaire dans les opérations économiques en compensant directement et sans intervention matérielle de monnaie toutes celles de ces opérations qui sont susceptibles de l'être. Entre deux commerçants la compensation s'opère par le moyen du crédit aux livres ; entre un plus grand nombre apparait la nécessité d'un intermédiaire, le banquier, opérant les virements de compte de ses clients. Les banquiers euxmêmes en arrivent naturellement à se réunir pour opérer entre eux les compensations et ainsi apparait un organe nouveau et central, la Chambre de Compensation ou Clearing-house. Cette organisation perfectionnée des moyens de compensation a pour effet de diminuer la demande de monnaie et exerce sur son prix une action dont il serait intéressant, sinon facile, de rechercher Fimportance.
Dans le commerce international, la compensation est, peut-on dire, depuis longtemps la règle etc’est un argument curieux en faveur de cette thèse que le‘commerce a d’abord été international et s’est perfectionné surtout sous cette forme. La compensation s'opère par le moyen du change
dont il ne nous reste plus qu'à déterminer les éléments analytiques et les conditions d'équilibre.