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LE COMMERCE INTERNATIONAL

23. La détermination et les mouvements des prix et du taux de l’escompte n’ont été jusqu'ici envisagés que sur un marché fermé ou national: nous en venons maintenant à considérer plusieurs marchés semblables communiquant entre eux et à caractériser les effets du commerce international. Il parait évident que les individus étant mis à même d'acheter toute marchandise là où son prix est le moins élevé, d'emprunter le capital circulant là où le taux de l’escompte est le plus bas, le déplacement de leurs demandes aura pour résultat de relever partout les prix et le taux de l’escompte jusqu’à un certain cours moyen: les relations internationales semblent susceptibles de niveler les prix de toutes marchandises et le taux de l’escompte sur les différents marchés en communication.

En restant d’abord au point de vue statique, on aperçoit pourtant à cette action logique des obstacles qu’il faut signaler.

1° Les frais de transport, dont nous avons pu faire abstraction dans l’intérieur d’un marché national, prennent dans les relations extérieures une importance beaucoup plus considérable ; les distances sont plus longues, les frets maritimes plus coûteux. Quant à la monnaie, les frais de transport et d'assurance sont souvent remplacés par les frais de change que nousanalyserons ultérieurement.

2% Les droits de douane opposent à l'unification des prix un obstacle sur l'efficacité duquel on a longuement discuté mais dont l'influence ne saurait, dans une certaine mesure, être méconnue.

3 Il n'y a pas concurrence absolue et compiète de toutes les nations commerçantes dans la production des diverses marchandises. Les liens nationaux empêchent dans une large mesure l'unification du marché du travail humain. Pour la production d’un grand nombre de marchandises les différents pays jouissent les uns vis à vis des autres de certains monopoles naturels. Malgré cela, la division internationale du travail ne s'opère pas rigoureusement; des considérations politiques ou autres imposent dans certains pays la continuation de certaines productions à un prix de revient supérieur à celui des autres pays. Il en résulte que la communication des marchés n’est jamais parfaite et que certaines inégalités peuvent persister dans les prix respectifs des marchandises.

4 La différence des systèmes monétaires peut créer entre tous les prix d’un pays et tous ceux d'un autre un même écart proportionnel. Lorsque l'instrument circulatoire principal de certains pays se trouve déprécié, dépréciation qui se traduit par une hausse du cours commercial du métal en circulation dans les autres pays, les prix s'expriment naturellement, nous l’avons vu par rapport à l'instrument déprécié. Le phénomène est le même que si dans l’intérieur d’un même pays une monnaie dépréciée est en concours avec une monnaie appréciée. Il en résulte que les prix doivent compenser par une hausse nominale la perte subie par leur commun dénominateur.

24. À ces causes d’écarts dans les prix internationaux des différents pays, issues des éléments mêmes d'équilibre, doivent être ajoutées celles qui proviennent du fonctionnement dynamique du nivellement international des prix.Un accroissement monétaire se produit en effet en premier lieu dans un pays déterminé et ne développe que progressivement ses conséquences dans tous les autres. Dans le pays producteur ou premier importateur d'or, l’escompte

s’abaisse d’abord, puis les prix s'élèvent, La hausse des prix amène l'importation des marchandises étrangères et l'exportation de la monnaie en excès. De proche en proche et sous l'influence de mille causes particulières concomittantes, crise de production, guerres, etc..., qui peuvent accélérer ou retarder son cours, le flux monétaire se répand sur le monde entier. Cette expansion, d’ailleurs lente, produit des résultats différents suivant les systèmes monétaires des pays auxquels elle s'étend. Dans les pays où le métal en excès forme déjà la base circulatoire principale et le dénominateur des prix, il se produit une hausse générale des prix. Dans jes autres pays, la prime de ce métal s’abaisse ou disparait, ou même se transforme en une perte ; les prix nominaux suivent le même mouvement, ils s’abaissent jusqu’à devenir égaux et même inférieurs aux prix pratiqués dans le reste du monde. Si, au contraire, le métal produitjen excès est celui des pays à monnaie dépréciée, le flux monétaires’écoule plus ou moins directement vers ces pays, il y produit une aggravation de la prime de l’autre métal. Le résultat final doit être une hausse des prix nominaux. En fait cette hausse tarde le plus souvent à se produire. La force de l'habitude, l’organisation économique rudimentaire des pays à monnaie dépréciée et divers autres éléments secondaires, retardent ou empêchent l'effet attendu. Ces pays gardent longtemps par le fait du maintien de leurs prix et de la dépréciation de leur instrument monétaire une prime plus ou moins considérable à l'exportation (*).

Remarquons, en terminant sur ce point, que les effets d’un accroissement monétaire, en se répandant sur le monde, perdent en intensité ce qu’ils gagnent en étendue. Toute hausse des prix dans les pays premiers importateurs doit donc être suivie d’une baisse graduelle, à moins qu'un

(‘) Ed. Thery. La Crise des Changes.

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flux sans cesse nouveau ne vienne renoulever à chaque instant le phénomène et alimenter le réservoir qui déverse peu à peu son trop plein sur l’ensemble des nations commerçantes.

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