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sons ci-contre d’après le tableau comparatif qu'en a dressé M. de Foville (*), les évaluations parallèles de C. Leber, de l'abbé Hanauer et M. le Vicomte d’Avenel; elles sont, au moins pour les périodes les plus caractéristiques, sensiblement concordantes, et fournissent, à défaut d'éléments bien précis, une vue d'ensemble intéressante.
M. Levasseur (*) a trouvé, dans les statistiques'douanières françaises, les éléments d'une méthode originale, pour la détermination du mouvement des prix. De1847à 1862, ces statistiques comportèrent, en effet, une double évaluation des marchandises importées ou exportées, l’une calculée, d’après les valeurs officielles, à l'unité de mesure, fixées depuis 1826 et conservées depuis cette
(‘) A. de Foville. — Economiste Français. 27 Avril 1895.
(”) Levasseur. La Question de l'Or. P. 185.
époque, l’autre, calculée d'après les valeurs actuelles arbitrées chaque année par la Commission des valeurs en douane. Depuis 1862, les valeurs officielles ont disparu des statistiques douanières, mais l'administration des douanes continue à fournir une double évaluation, l’une provisoire, calculée d’après les valeurs arbitrées pour l’année précédente, l’autre définitive après la révision annuelle opérée par la Commission des valeurs en douane. On apercoit sans difficulté l'intérêt de ces deux évaluations successives au point de vue du mouvement des prix. Jusqu'en 1862, leur comparaison fournissait pour chaque année le pourcentage d'augmentation de la valeur actuelle du total importé ou exporté, par rapport à sa valeur, d’après les prix de 1826. Depuis 1862, elle fournit le pourcentage d'augmentation des mêmes totaux par rapport à leur valeur, d’après les prix de l’année précédente. Un calcul de proportions successives permet de ramener toutes ces variations à une même année, prise pour base, et d’en dresser une échelle comparative. Cette méthode ingénieuse paraît toutefois d'une application plus utile à l'évaluation du mouvement commercial et douanier (*) qu’au calcul des fluctuations du niveau des prix. Dans la détermination du pourcentage annuel, la composition du stock des marchandises importées ou exportées joue, en effet, un rôle qui peut être, dans certains cas, prépondérant et primer celui des prix. Pour éviter cette cause d’erreur, on pourrait considérer seulement le tarif des valeurs en douanes annuellement arbitrées et calculer la moyenne des différents prix, comme l’a fait M. Bourguin (*) pour les années 1869, 1873 et 1874, mais c'est proprement abandonner le système du pourcentage douanier pour celui des moyennes de prix qui nous reste à examiner.
() A. de Foville. Economiste Français. Avril et juin 1882.
(”) Bourguin. La Monnaie et la Mesure de la valeur. P. 146.
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. Dans ce dernier système, on s'efforce de recueillir, aux
sources les plus sûres, l'expression du prix d’un grand nombre des marchandises pour une longue série d'années. On calcule pour chaque année la moyenne de ces prix eten ramenant, par une règle de trois, toutes ces moyennes à l’une d'elles prise pour unité et représentée par le nombre 100, on obtient ce qu’on appelle depuis Jevons les index numbers des années considérées.
Toutes ces opérations pouvant être faites sur des données et d’après des formules différentes, on s'explique la très grande variété des systèmes d’index-numbers qui ont pu être imaginés ou réalisés.
Les différences portent, en premier lieu, sur le nombre, la nature et l’origine des prix servant au calcul de la moyenne. Jevons considérait 22 prix, M. Sauerbeck en combine 45, Sœtbeer en avait réuni jusqu’à 115. On a longuement discuté le point de savoir s’il est préférable d'envisager des prix de gros ou des prix de détail, sans d’ailleurs pouvoir donner de raisons décisives en faveur des uns ou des autres. On accorde généralement la préférence aux prix de gros pour cette raison pratique qu’il est plus facile d'en obtenir l'expression. Sœtbeer les relevait sur la cote des marchés de Hambourg. M. Sauerbeck les emprunte aux différents marchés anglais par un système de moyennes à base très étendue. M. Bourguin, comme nous l’avons précédemment indiqué, utilise les valeurs en douane annuellement arbitrées.
La nature des marchandises dont les prix interviennent dans le calcul de la moyenne sont également variables d’un système à l’autre. Ce sont en général : 1° Les produits de grande consommation : blés et grains divers, viande, sucre, pommes de terre, huile d'olive, etc. 2° Un certain nombre de matières premières : bois, charbon, métaux, laines, soiïes, cuirs, cotôns etc. 3° Des articles d’une importation courante : café, thé, cacao, indigo, etc. Sætbeer
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avait cru pouvoir faire figurer dans ses calculs certaines moyennes de salaires. On paraît avoir considéré, depuis, que c’est un élément trop insaisissable, pour pouvoir en obtenir l'évaluation assez précise. Le prix du travail ne figure dans aucun autre système d’index-numbers et c'est évidemment une lacune considérable.
Nous n'avons pas précisé jusqu'ici la nature des moyennes calculées, c'est une nouvelle source de divergences entre les auteurs d’index-numbers. Jevons employait la moyenne géométrique. M. Sauerbeck préfère la moyenne arithmétique, plus simple et plus maniable. Ne faut-il pas, au lieu d'accorder à tous les prix une importance égale, au lieu de mettre sur le même pied le blé et l’indigo, multiplier chacun d’eux, avant tout calcul de moyenne, par un coefficient proportionnel à son importance dans la consommation ? C’est ce qu'ont prétendu nombre d'auteurs, notamment M. Nitti (*) et ce qu'ont réalisé pour l’Angleterre MM. Giffen et Inglis Palgrave (”), pour les Indes M. Atkinson (‘”*). Les résultats n’ont pas été très sensiblement différents de ceux qu'avait précédemment fournis la moyenne arithmétique pure et simple. Il parait donc sans grand intérêt pratique de se livrer aux ventilations délicates et toujours partiellement arbitraires qu'exige l'emploi de ce pérfectionnement prétendu. Au point de vue théorique, il parait inspiré bien plus par le désir d'obtenir l'indice des variations sociales d’un certain coût de la vie que par celui d'améliorer seulement nos moyens de diagnostic sur les fluctuations du niveau général de l'ensemble des prix. On fixe les coefficients différentiels
() Nitti. — La misura della variazioni de valore della moneta.
(”) Bulletin de stalistique et de législation comparée. — 1886. T. IL p. 163.
(7) Journal de la Société de slalistique de Londres, cité par M. Gournay. Economiste Francais. 17 Mai 1887.
d’après un certain type moyen de consommation et l’on revient par ce détour à un système qu'un simple facteur de proportionnalité sépare des moyennes budgétaires individuelles et qui ne présente pas, quant à la critique des bases d'évaluation, les mêmes garanties que celle-ci.
La solution la plus rationnelle nous parait devoir être
- sensiblement différente. Il n’est pas douteux que la méthode
simpliste consistant à faire entrer en moyenne, sur le pied d'égalité, le prix d’un bœuf, d’un quintal de blé et d’un litre de vin est des plus critiquables. Si tous ces prix augmentent à la fois, de 20 0/0 par exemple, la moyenne augmentera bien aussi de 20 0/0, mais si l'augmentation est inégale sur les trois articles considérés, si, par exemple, le bœuf seul augmente de 20 0/0 et que les deux autres prix restent stationnaires, la moyenne dénoncera une augmentation bien supérieure à la réalité. Pour éviter d'accorder à un prix la prépondérance sur tous les autres dans le calcul du taux moyen d’accroissement, nous estimons qu'il y aurait lieu de choisir les unités cotées de manière à ce qu'à l’origine de l'échelle, elles aient sensiblement la même valeur. On devrait, par exemple, faire entrer en compte, si l’on prenait pour origine les valeurs en douane de 1869 (‘), non pas un bœuf, un quintal de blé, un litre de vin, mais un bœuf, 20 quintaux de blé, 1800 litres de vin. En procédant ainsi, la moyenne arithmétique fournirait exactement le tant pour cent moyen d'augmentation de tous les prix sans accorder aux uns ou aux autres une importance arbitrairement accrue ou dimiuuée.
Nous redroduisons ci-contre l'échelle dressée par M. Sauerbeck par le procédé de la moyenne arithmétique pure et simple. Ce consciencieux statisticien a passé des années à établir ses chiffres etena publiquement soumis les bases
() Bourguin. — Op. cit. — P. 146.
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à la discussion. C’est actuellement et sous les réserves que nous avons faites relativement au choix des unités entrant dans le calcul dela moyenne, ce qui existe de plus général de plus précis et de plus certain en matière d’indexnumbers.