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SVP oee toxique par la plupart des auteurs. Les lésions tuberculeuses du lapin étaient anciennes et ne portaient pas sur le tube digestif ; il est donc vraisemblable que la diarrhée a eu pour cause l’action du champignon, peut-être la mort est-elle due seulement au peu de résistance, et sur un animal sain ne serait-elle pas survenue.
J'ai donné à un autre lapin 45 grammes sous forme
de champignon sec; je n’ai rien observé.
Russula pectinata. — Ses propriétés ne sont pas très bien déterminées ; Cordier la donne comme vénéneuse ; d’autres auteurs la regardent seulement comme suspecte.
Desséchée, elle a une odeur non désagréable et même beaucoup moins prononcée que celle de beaucoup de champignons desséchés. La saveur est d’abord nulle ; à la fin un peu d’âcreté. J'en ai mangé 45 gram-
mes sans résultat.
Russula Queletii. — Suspecte pour M. Quélet ; vénéneuse pour d’autres auteurs. Sèche, elle a une odeur peu prononcée, et pas de saveur du tout, même après avoir été longtemps mâchée. Une dose de 20 grammes ne m a rien fail.
Russula furcata. — Desséchée, plus d'amertume, 1l reste seulement une saveur désagréable. Rien avec
295 grammes.
Russula emetica. — Desséchée, elle est seule-
tee ment un peu amère. J'aurais voulu, comme pour les espèces précédentes, du reste, expérimenter sur des quantités plus grandes que celles que j'avais à ma disposition ; mais j'ai dû me contenter des rares échanüllons récoltés. Pour la À. emetica notamment, il eût été intéressant de vérifier l'opinion de Krapf, à savoir que son principe nuisible n’est pas détruit par la dessiccation; elle passe pour extrêmement vénéneuse; J'en ai mangé 15 grammes desséchés et si, pendant les deux jours suivants, jai eu un peu d'embarras gastrique, je ne suis pas bien sûr que la cause en soit là, car la quantité ingérée me parait assez faible. L'épreuve reste douteuse.
Pour les Russules, on pourra me reprocher d’avoir expérimenté sur des quantités assez faibles; aussi je n'attribue à mes résultats qu'une importance relative. Ce ne sont encore que des indications qui permettent d'espérer dans la suite des surprises intéressantes. Il est cependant à remarquer que les Russules âcres desséchées ont presque toutes perdu leur âcreté ; quelques-unes même n'ont plus la moindre amertume; il est vraisemblable que la toxicité disparaît avec l’âcreté mais ce n’est pas encore absolument certain; s'il en est ainsi, peut-être un Jour seront-elles susceptübles de servir à l'alimentation.
Boletus erythropus. — Vénéneux pour la plupart des auteurs (nous avons vu en quoi consiste cette toxicité). Desséché, 1l a une odeur agréable, un peu forte ; pas de saveur, consistance un peu élastique.
La
Boletus olivaceus. — Saveur d’abord nulle, un peu amère cependant à la fin; odeur légèrement aigrelette ; consistance ferme,
J'ai mangé sans résultat 100 grammes de chacun de ces Bolets ; j'en ai donné également à des lapins qui n’en ont pas paru incommodés ; il y a cependant lieu de croire que ces animaux doivent être sensibles à l'action des Bolets, puisque ceux-ci n’empoisonnent pas grâce à un principe vénéneux, mais par action
mécanique.
Boletus cyanescens. — Les opinions varient à son sujet: comestible pour les uns, il aurait, suivant d’autres, causé des accidents chez l'homme comme chez le chien ; sa couleur changeante ne prévient guère, il est vrai, en sa faveur; j'en ai mangé, sans rien ressen-
ür, 50 grammes.
Boletus luridus. — On a émis sur celui-ci des opinions également très diverses. Le D' Vennin en a mangé un pied desséché.
Hypholoma sublateritium et H. fasciculare.
— Ces deux espèces sont regardées partout comme dangereuses. Elles ontsouvent incommodé des animaux qui en avaient mangé ou sur lesquels on les avait expérimentées. J'ai mangé environ 150 grammes du premier. La chair était très amère, un peu nauséeuse : une partie qui, au lieu d’avoir été desséchée comme le reste, l'avait été rapidement à une douce chaleur, était seulement amère.
Le 73 =
Ayant mangé 65 grammes de la seconde espèce, je lui ai trouvé une saveur désagréable, extrêmement amère, un peu nauséeuse, une hetüre après, environ, j'ai éprouvé quelques renvois gazeux; je n'ai rien ressenti de plus, mais je suis persuadé que si j'en avais pris une quantité un peu plus considérable, je ne l'aurais pas conservée.
Mycena pura et Collybia dryophila.—Ceschampignons, inoffensifs pour cerlainsauteurs, seraient dangereux, surtout le second, si l’on en croit d’autres. J'en ai mangé de chacun une certaine quantité sans incon-
vénient.
Helvella escuienta. — J'ai examiné avec M. le professeur Florence, quelques champignons que j'avais achetés à Lyon, sous le nom de Morilles, et qui étaient des 7. esculenfa. J'en fai fait deux extraits à chaud, l’un alcoolique, l’autre aqueux. Le premier, évaporé et repris par l’eau, correspondant à 15 grammes de champignon sec, a été injecté sous la peau d’un cobaye sans résultat. Le second (6 grammes de champignon) a causé la mort d’un autre cobaye le jour suivant. À l’autopsie, je n’ai rien remarqué d’intéressant ; le sang seulement était très noir et très épais.
Comment expliquer cette action toxique dans un champignon où Bostrôm a démontré, quand il est sec, la disparition de l'acide helvellique, et qui est mangé journellement par nombre de personnes ? Y a-t-1l une substance inactive chez l’homme, toxique pour le
‘cobaye, ou bien le poison s’élimine-t-1il assez rapidement, quand il est introduit par le tube digestif, pour n’amener aucun accident”? Il y a là encore une source
d'expériences intéressantes.
Hydnum repandum. — Un ou deux auteurs ont prétendu que ce champignon cru était toxique. J'en ai mangé 70 grammes (2 pieds), qui étaient d’une âcreté extrême et Je n'ai rien ressenti.