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läissent perdre sans profit une ressource précieuse. Ne pourrait-on enseigner à nos soldats l’usage qu'ils peuvent faire des champignons à tubes rencontrés dans leurs promenades ? Quel inconvénient y aurait-il à ce qu'ils les fassent sécher, pendant les manœuvres, par exemple, dans le but d'augmenterleur ration le jour où elle paraîtra un peu maigre ou qu'ils auront marché plus qu'à l'ordinaire ? Cela aurait, il me semble, plus d'utilité que la publication d’une Instruction, comme celle, oubliée aujourd’hui à juste titre, que rédigea, en 1861, le Conseil de Santé, à la suite de l'empoisonnement mortel de cinq officiers ; on prétendait y donner les caractères différentiels des bonnes et des mauvaises espèces, lorsque Bertillon démontra que tous les signes n'avaient aucune valeur générale et ne pouvaient servir, pris à la lettre, qu'à causer les plus graves accidents.
Il semble dès maintenant que l'on puisse conseiller l'usage, après dessiccation, de tous les Bolets de nos bois. En les séchant à une douce chaleur, peut-être pourra-t-on aussi récolter beaucoup d'autres champignons, comme les Lactaires et les Russules ; mais aujourd'hui ne demandons pas trop et restons prudents. Le jour où l’on sera bien fixé sur l'influence de la dessiccation, non pas sur quelques espèces comme maintenant, mais sur toutes celles que l’on peut rencontrer, l'amateur de champignons comme l’ouvrier ou le paysan pourront sans doute trouver de quoi satisfaire leur goût dans une plus large mesure.
Je me propose de continuer plus tard mes recherches dans ce sens, heureux s'il m'est donné d'arriver quelque jour à un résultat utile.