‹ Essai sur la Toxicité de Quelques Champignons: Avant et Après Leur DessiccationChapitre 5 sur 20 · ER · texte numérisé non relu

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pour tous. M. le professeur Florence, comme beaucoup d'auteurs, dit n’avoir jamais vu un cas d'empoisonnement causé par les champignons secs du commerce, alors qu'au moment de leur récolte on en ramasse un peu indistinctement de toutes les sortes. Si le fait est réel, tient-il aux modifications subies par le poison, à sa disparition, ou bien encore à son passage dans l’eau dans laquelle on fait revenir, avant leur cuisson, les fragments desséchés et qu’on rejette sans l'utiliser ?

J'ai cherché ce qu'il peut y avoir d’exact dans ces diverses hypothèses; malheureusement, le beau projet

que j'avais formé d'examiner à ce point de vue un

grand nombre de champignons, choisis à la fois parmi les plus vénéneux et parmi ceux que l’amateur est le plus exposé à cueillir pour des bons, n’a pu être réalisé. Pendant la partie de l’année 1898 que j'avais consacrée à leur récolte, on a observé une sécheresse véritablement extraordinaire. De presque tous les bois que j'ai parcourus (et je n'ai point épargné mes pas) les champignons étaient absents; ce n’est guère que dans des forêts et quelques bois de sapins des Vosges qu'il m'a été possible d'en récolter quelques-uns. Le nombre des champignons vénéneux et réellement dangereux n'est, d’ailleurs, pas très considérable, et il n'y en a guère qu'une dizaine auxquels on puisse rapporter les empoisonnements que nous apprenons de temps en temps. Si beaucoup de champignons comestibles, souvent même délicieux, ne sont pas utilisés, c’est parce que le plus souvent le public ignore quel parti il pourrait en ürer; leur suppose à tort, en ne

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les connaissant pas, des propriétés dangereuses, ou craint de les confondre avec d’autres espèces qu'il sait être toxiques. Il va sans dire que cette prudente abstention est des plus sages; on peut seulement déplorer le manque, chez le public, et surtout chez les populations des campagnes, de quelques connaissances botaniques qui leur permettraient d’user largement d’un aliment substantiel, abondant et bon marché.

\ Comme champignons réellement dangereux, je citerai les Amanila phalloides, À. muscaria, A. citrina, Lactarius rufus, Russula emelica, R. sanquinea ; peutêtre aussi quelques bolets, comme Bolelus salanas ; voilà sur quelles espèces je me serais plu,comme autrefois Gérard, à faire porter mes expériences. Mais cette année, la sécheresse a été si générale et si persistante, que la Société de mycologie a dû retarder son exposition annuelle, et ce n’est guère que dans les derniers jours d'octobre que la pluie s’est enfin montrée. Grâce à l’extrême obligeance de quelques mycologues, il m'a été possible d’ajouter quelques espèces intéressantes au petit nombre de celles que j'avais à grand’ peine recueillies pendant l'été et une partie de l’automne. Il ne faut donc pas s'attendre à trouver iei un travail complet sur la question qui nous occupe, mais seulement une ébauche, ni s'étonner du petit nombre d’expériences que je présente. Aussi bien, les conclusions que je poserai n’auront-elles rien d’absolu et de défimitif, et me ferai-je bien volontiers un devoir de les reprendre plus tard.

Avant de rapporter ce qui m'est personnel, je dirai d’abord quelques mots des principes toxiques que ren -

‘ferment un certain nombre de champignons ; je ferai

également connaître l’opinion qu'ont donnée, sur le sujet qui nous occupe, les mycologues et les chimistes, ainsi que leurs observations et les expériences.

Comme je lai dit tout à l'heure, j'aurais voulu faire porter les miennes sur quelques espèces spécialement choisies ; cela ne m'a pas été possible ; je n’en ferai pas moins rentrer celles que j'ai rencontrées au hasard des circonstances dans un cadre que je m'étais tracé d’a vance, imposé à la fois par l’histoire des substances toxiques, les caractères botaniques et les symptômes des empoisonnements. C’est dire que j'étudierai successivement les Amanites, les champignons âcres, Russules et Lactaires, les Bolets, puis quelques espèces appartenant à d’autres genres. Je parlerai enfin des Helvelles, qui firent, dans ces dernières années, l'objet de plusieurs controverses et de nombreuses études ; mais n’en ayant jamais rencontré, je me bornerai forcément à la simple exposition de ce qui a été fait par les autres.

Avant et après leur Dessication

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