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alarmantes. Mais elles durent peu, et tous les phénomènes inquiétants disparaissent sous l'influence du traitement.
Quelles sont les modifications qu’apporte le traitement sur les lésions observées de l'iritis bacillaire ?
Nous avons vu le plus souvent les lésions évoluer vers la guérison complète, sans quil reste aucune trace de l'iritis et de l’irido-choroïdite tuberculeuse.
Mais la guérison est longue à obtenir. L'iris garde longtemps une teinte verdâtre. Il paraît infiltré. La cristalloïde antérieure est couverte d’une pelite poussière blanchäâtre, fibrinoïde, qui est le reliquat de l’irido-choroïdite tuberculeuse.
Si l’iritis était séreuse, s’accompagnait d'hypopyon bacillaire, on voit dans la chambre antérieure comme une masse blanche, qui est cicatricielle.
Ce sont les exsudats fibrineux de l'iris qui deviennent fibreux et qui persistent.
Ce sont les hémorragies, les néoformations vasculaires qui disparaissent tout d'abord. Mais tant qu'il reste quelques traînées blanchâtres sur la cristalloïde antérieure, quelques petits soulèvements de l'iris, il ne faudra pas abandonner le traitement, car des rechutes graves peuvent se produire qui, elles, peuvent être définitives.
Formes ORMES MIXTES
Nous n'avons pas encore parlé de 2 observations XVII et XVIII. Nous les interprétons comme
des « cas mixtes ».
Bt GR vs
OBSERVATION XVII
MreB..., vingt-cinq ans. L'affection de l'œil gauche remonte au mois d'octobre 1912. Aux Quinze-Vingts, on la soigne pour une iritis syphilitique, par atropine et injections intrafessières. Elle guérit.
En mars 1913, rechute. Elle vient consulter le 5 avril. On
. : : Fe : - Ce I fait le diagnostic d'iritis séreuse avec descemetite. V. — g' Wassermann partiellement positif. Intradermo positive. Le Wassermann étant partiellement positif, on la soigne aux
injections de cyanure.
e 5 CAVE RARE I 30 avril. — Après 15 piqûres, améliorée. V, 3%:
9 mai. — Rechute. Troubles du vitré. Grosses infiltrations apparaissant dans la chambre antérieure, qui sont des exsu-
J I dats de l'iris avec hémorragie. O. G. V. —
M. Abadie institua le traitement anti-bacillaire, Œil droit
O. D. — Se prend, descemetite. V.—
guérit au bout de quatre jours.
disparu, l'infiltration se circonscrit.
10 juin. — O. G. V.=--. Les plaques hémorragiques ont Le ; hp 10 juin. — O. G. V. — Fe État stationnaire. M. Abadie fait les deux trailements.
7 octobre. — O. G. V.——. La masse fibreuse persiste
dans la chambre antérieure. Depuis, état stationnaire,
OBSERVATION XVII
Mie G. M... trente-cinq ans. Elle fut soignée au mois de décembre 1908 pour une irilis à la clinique de M. Galzowski.
Guérit. Vient à la clinique.
16 avril 1909. — On fait le diagnostic d'iritis séreuse. DC =
Malade est soumise aux injections de cyanure d'hydrargyre.
26 mai. — Aggravation encore. Troubles du vitré intenses. Œil gauche voit passer la main. Wassermann négatif. Intradermo positive. M.Abadieinstitue le traitementantibacillaire.
25 juin. — (El gauche compte doigts à 5 centimètres.
août. — V. =.
7 septembre. — V. ——.
; 2 14 décembre. — V. — ' La malade part à Londres. 9 avril 1912. — Rechute très grave. V.— = Reprise du
traitement antituberculeux,
10 juin. — Aggravation, On voit à peine les doigts. Iridochoroïdite avec cataracte secondaire.
Reprise du traitement antisyphilitique. Les lésions sont froides.
7 octobre. — Extraction du cristallin avec iridectomie.
30 octobre. — il droit se prend. V.=—-, Traitement mer-
LA curiel. V., =
mn ) 0 mn
9 novembre 1913. — Un an après nouvel iritis. O. D, I ….. : x ME Ac: Iritis séreuse très grave,
Malade est aveugle. M. Abadie institue concurremment
cyanure d'hydrargyre et triade antituberculeuse.
‘ I 14 décembre. — V'= —.
- - É es : NE l 13 février. — Amélioration considérable. V. = —
Œül gauche étant froid, M. Abadie fait une iridotomie.
Malade a une belle pupille et compte les doigts.
Dans ces deux observations, nous n’avons jamais trouvé à une période de la longue évolution de la maladie, les lésions « caractéristiques » de la bacillose.
Nous avons assisté à l’évolution lente et insidieuse de l’iritis torpide, véritablement chronique.
Et même,au moment des poussées inflammatoires, qui déterminaient une aggravalion aussi considérable de l’état de nos malades, la constatation objective des lésions ne nous autorisait pas à affirmer la nature tuberculeuse de l'affection.
Mais ce que nous voudrions faire remarquer surtoul, c’est qu’alors que le clinicien se croit désarmé, que l’œil est considéré comme définitivement perdu, si l’on ne se décourage pas, si couramment on inslitue le traitement anti-syphilitique et le traitement anti-tuberculeux, il est véritablement surpris d’assister à une rétrocession lente, il est vrai,de tous ces signes alarmants.
R. Perrin 4
= Ve
Chez notre malade de l'observation XVII, la vision de son
œil gauche, malgré les injections de cyanure d'hydrargyre NS À ” était à —— lorsque notre maître M. Abadie ordonna le traitement par sa triade antituberculeuse. Un mois après, la x + , . » “ I »2 .
vision était remontée à 19 L'état est de nouveau station- O
naire, pendant deux mois.
M. Abadie. lui prescrit de nouveau les injections de cya-
nure.
se I : sn 7 octobre. — La vision est de rÉ Et depuis, cette vision s'est maintenue. | Mais l'observation XVIII est peut-être encore plus probante.
Son œil gauche,qui était presque perdu, puisque la malade
voyait à peine passer la main, avait recouvré la vue sous
l'influence du traitement antitubereuleux puisque V — vw Elle part à Londres et reste deux ans sans traitement. Quand elle revient à la clinique son œil gauche est de nouveau définitivement perdu, malgré une iridectomie faite en temps
opportun
Son œil droitse prend, L'iritis a une évolution très grave puis- : , I ‘ quedeux moisaprès V = 3 Au mois de novembre, la malade
est aveugle, car elle a perdu l'œil gauche. M. Abadie, qui ne se décourage jamais, lui fait un traitement intensif au cyanure d’hydrargyre, combiné à la triade antituberculeuse.
à , rar é I Le 14 décembre, l'amélioration commence V = —-
Go”
Et le 13 février, nous avons la très grande satisfaction de constater que l'œil gauche a recouvert une vision presque
NOPIMAlE M.
Il est sûr que cette satisfaction était très partagée per la
malade, qui se crut quelques mois définitivement aveugle.
Nous croyons donc que dans ces formes d'iritis chronique qui sont toujours très graves, car l’iritis évolue vers l'irido-choroïdite complète avec exsudats recouvrant toute la pupille,le clinicien ne doit jamais désarmer. Il faut savoir instituer les deux traitements. Mais il n’est pas de règles précises, pour être fixé sur le moment opportun où tel ou tel traitement doit être prescrit. C’est le {sens clinique », qui doit guider le médecin.
Ainsi des résultats brillants pourront être obtenus. Dans les périodes difficiles, c'est notre cher maître M. Abadie qui est venu à auotre secours. Sa très longue expérience, son admirable « sens clinique », sa grande ténacité, ont réussi à triompher de toutes ces difficuités de la pratique ophtalmologique.