‹ Essai sur la tuberculose du segment antérieur de l'Œil et sur son traitementChapitre 11 sur 25 · AUTRES MODALITÉS · texte numérisé non relu

AUTRES MODALITÉS

Nous avons fini avec les manifestations tubercu-

leuses du segment antérieur. Nous ne voudrions pas terminer ce petit travail, sans signaler deux modalités anormales que nous avons observées, et dont nous publions les observations.

M: G..., vingt-sept ans, perd brusquement la vue de l'œil droit le 8 janvier 1914, en quelques minutes, dit-elle. Elle vient à la clinique le 9 janvier.

Nous nous trouvons en présence d'un œil très dur. Tension : 2,mais peu douloureux à la pression du globe oculaire. Pas d'injection périkératique. Pas de douleurs orbitaires, ni de maux de tête. Le fond de l'œil est inéclairable.

Mais, fait caractéristique : la cornée est « criblée de descemetite » comme une cible couverte par une charge de gros plombs, très serrée, la pupille est dilatée, Il y a des synéchies postérieures en triangle avec trainées fibrineuses sur la cristalloïde antérieure, Œil droit : perception lumineuse.

Nous pensons à une véritable altaque avec hémorragie intra-oculaire peut-être ?

Le Wassermann est négatif. La malade nous dit qu'elle a maigri de 4 kilos depuis deux mois, et puis surtout elle a deux gros ganglions sous-maxillaires, et un dans l'aisselle,

Une intradermo faite positive.

M. Abadie conclut à une forme glaucomateuse de tubercu-

lose oculaire. Il prescrit la triade.

Me I Te È I a1 février. — V. ———.98 mars V. —-— 30 avril V.— — 80 15 10 , I pi I 11 Mai. — V. ———9 juin. — V.— — 8 [A

Nous n'aurions jamais pu espérer des résultats aussi rapides.

La deuxième observation est celle de M° C..., trente-sept ans. L’affection de l'œildroit remonte au début du mois d’août 1912. La vision se serait peu à peu troublée, en même temps qu'elle voyait passer devant elle des images lumineuses,des ronds. Puis, plus rien, le voile qui est tombé. Elle va consulter à l'hôpital Necker, où l'on fait le diagnostic du décollement de la rétine. Elle fut soumise aux injections intraveineuses de Cyanure Hg.

Pas d'amélioration. Son œil est considéré comme perdu.

Le 14 juin 1913, elle vient à la clinique.

Nous observons : r° une descemetite intense ; 2° une iritis séreuse avechypopyon ; 3° un décollement de rétine.

A l'examen général : { ganglions sous-maxillaires,un autre dans l'aisselle droite. Wassermann négatif. Intradermopositif.

M.Abadie prescrit la triade antituberculeuse. ; : : I :

La malade ne revient qu’en octobre 1913 — pe Il ny a plus d'hypopyon.

On constate encore un décollement transparent. Le champ

visuel est agrandi.

21 janvier 1914. — V. = Plus d'iritis, plus de desceme-

tite, plus de décollement.

: L ‘ , &février. — V.— — 3 mai V.'— La malade est com-

F4 plètement guérie.

Six mois auparavant, vu l'ineflicacité du traitement institué chez elle, on avait été obligé de lui déclarer que son œil droit était perdu.

Mais nous croyons pouvoir dire que lorsque la tuberculose oculaire revêt ces formes très graves, le pronostic de ces formes semble moins redoutable.

Dans l'observation XV, s’il s'agissait d’un état « glaucomateux » les phénomènes d'hypertension disparurent rapidement. La vision fut rétablie en six jours à peine.

Dans l'observation XVI, au mois d'octobre 1913,on observe encore un décollement transparent : le 21 février 1914, il n'y en a plus aucune trace. Et, depuis cette époque, la vision est

restée parfaite.

Notre dernier chapitre sera réservé à l’étude si capitale du traitement.

Pendant tout le cours de notre étude, nous avons parlé à chaque vivant du traitement antituberculeux et de sa triade antituberculeuse.

Avant d'exposer la méthode de traitement de notre maître, nous voudrions exposer en quelques lignes les résultals que nous avons obtenus par la tuberculinothérapie.

Quelle fut notre technique ?

D'abord, nous avons employé la tuberculine de l'Institut Pasteur.

Nous n'avons injecté que des doses minimes que nous aŸons augmentées graduellement, suivant une allure extrêmement prudente, réglée sur les indices de réaction présentée par nos malades.

Les ampoules contiennent 1 centimètre cube d’une solution à 1/100.

Nous avons employé desdilutions de cette solution.

Solution a) 1/10.000.000 ; b) 1/1.000.000 ; e) 1/100.000 ; d) 1/10.600 ; e) 1/1.000,

HR

Nous faisions deux injections par semaine.

Nous avons commencé par 1/10 de la solution a, puis nous avons augmenté de 1/10 à chaque injection, de telle sorte qu’à la neuvième nous arrivions à 9/10 de la solution a. Pour la dixième injection, nous passions donc à 1/10 de la solution b, et ainsi de suite jusqu’à la solution la plus forte.

S'il y a imminence de réaction, à la suite de l'injection d’une des deux solutions, on rétrogradera àaune solution antérieure, lors de l'injection suivante. Et on n’augmentera de dose qu’en redoublant de surveillance.

Quelles sont les indications générales de la tuberculinothérapie ?

Elle est surtout indiquée, dans les formes chroniques, latentes.

Elle désintoxique l’organisme d'une tuberculose latente et l’oriente vers la guérison (Castaigne).

Elle est contre-indiquée dans les formes aiguës de la tuberculose, surtout dans les formes fébriles.

Quels résultats avons-nous obtenus ?

Nous n'avons pas hésité à l'employer, dans certaines formes aiguës de la tuberculose oculaire, mais avec une extrême prudence, Nous n'avons jamais eu le moindre accident, ni la moindre complication : mais c'est que la tuberculose oculaire n’est pas une tuberculose généralisée, et qu’elle ne s'accompagne Jamais de poussées fébriles.

Nos résultats ont été parfois très rapides, très

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